Mes produits cosmétiques fait maison

Bien avant d’être vegan, j’avais déjà commencé à réfléchir à l’impact des cosmétiques sur ma santé et sur la planète (pollution de l’eau et production insensée d’emballages plastiques). Ajoutons au fait que tous les cosmétiques sont testés sur des animaux (sauf ceux qui indiquent le contraire), les raisons sont plus que suffisantes pour rechercher des alternatives à ces produits du quotidien.
Je vous propose ici trois recettes simples pour remplacer les produits les plus couramment utilisés :
  • Le dentifrice.
Je vous propose deux options : la poudre ou la pâte. Les deux contiennent les mêmes ingrédients sauf que la pâte contient de l’eau qui permettra de faire le mélange.
La poudre est utilisée traditionnellement en Inde depuis des millénaires. Son adoption permet de réduire son impact environnemental, de faire des économies tout en s’assurant de la durabilité, de l’efficacité et de la praticité de son nouveau soin.
Rappelons ici que l’hygiène buccale dépend majoritairement du brossage et que les produits utilisés ne viennent que le renforcer : ils ne sont pas l’élément principal du nettoyage.
Voici les principaux ingrédients que vous pouvez utiliser, en choisissant les proportions :
  • Curcuma en poudre
  • Gingembre en poudre
  • Argile blanche ou verte
A cela vous pouvez ajouter de la menthe, de la cannelle et du clou de girofle en poudre. Ne vous inquiétez pas pour les proportions, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Suivant ce que vous préférez, choisissez de mettre plus de curcuma ou de gingembre. Comme tous les ingrédients sont secs, si vous les stockés dans un endroit humide le produit n’aura pas de date de validité.
Pour l’utiliser, saupoudrez simplement un peu de poudre sur votre brosse à dent.
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Pour faire la pâte, il suffit de rajouter un peu d’eau et de mélanger. Je trouve cela plus agréable à utiliser mais par conséquent la pâte aura une durée de validité d’environ 10 jours. Prévoyez donc de ne mettre qu’une petite quantité (une cuillère à café) pour ne pas gâcher.
Minute écolo : optez pour une brosse à dent en bambou au lieu d’une brosse en plastique. Vous pourrez simplement la jeter dans votre compost ou dans la poubelle des déchets organiques lorsqu’il sera temps d’en changer. Chaque geste compte, si ! Surtout que celui-là est vraiment très simple à réaliser.
  • Le déodorant
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Je vous propose aussi ma recette préférée et approuvée par ceux qui l’ont testé ainsi que deux alternatives encore plus simples.
Une grosse cuillère à soupe d’huile de coco fondue au bain marie ;
Une demi cuillère à soupe de bicarbonate de soude ;
Une demi cuillère à soupe de fécule de pomme de terre ou d’amidon de maïs.
Mélangez avec une fourchette jusqu’à obtention d’un mélange homogène.
Ajoutez 5 gouttes d’huile essentielle de palmarosa et 5 gouttes d’huile essentielle de bergamote et mettez au réfrigérateur 10 minutes.
Pour l’utiliser il suffit de passer votre doigt ou une spatule dans la pâte et de l’appliquer sur les aisselles. La pâte fond instantanément au contact de la chaleur du corps.
L’application de ce déodorant est idéale quand il ne fait ni trop chaux (car il fond) ni trop froid (car il devient assez dur), mais cela ne change rien à son efficacité qui reste redoutable été comme hiver.
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Pour les plus simplistes, vous pouvez utiliser ces ingrédients directement sur vos aisselles :
  • Le citron : coupez un citron en deux et passez-le sous vos aisselles. Attention: à ne pas faire si cette zone de votre corps risque d’être exposée au soleil car cela pourrait créer des tâches sur votre peau.
  • Le bicarbonate de soude car il absorbe l’humidité. C’est d’ailleurs un excellent substitue du talc.
  • Masque spécial pellicules et chutes de cheveux
Cette petite recette très simple est spécialement appropriée pour ceux qui ont des pellicules ou qui perdent leurs cheveux, mais peut-être utilisée par tous ceux qui souhaitent réaliser un gommage nourrissant de leur cuir chevelu.
Ingrédients :
  • 2 cuillères à soupe de marc de café
  • Le jus d’un demi citron
  • Une cuillère à soupe d’aloe vera (optionnel)
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Mélangez le tout jusqu’à obtenir un mélange non homogène (je rigole, mais il est peu probable que ces trois ingrédients ensemble rendent quoi que ce soit d’homogène).
Après vous être mouillé les cheveux, répartissez le sur votre crâne et massez pendant quelques minutes. Shampouinez vous ensuite normalement et rincez.
Minute écolo : vous avez déjà entendu parler des shampoing solides ? Ça se présente comme un savon solide mais c’est un shampoing.
  • Gommage pour le corps
Le saviez-vous ? Les petites billes contenues dans les gommages qu’on achète dans le commerce sont faites de plastique. Plastique qui va directement polluer les eaux des rivières et des océans. La solution : utiliser des produits de votre cuisine pour vous faire un gommage du corps et du visage comme :
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  • le marc de café
  • le gros sel
  • le sucre
Et oui c’est aussi simple (et pas cher) que ça! Il vous suffit d’un ingrédient qui fait des petites billes qui élimineront les peaux mortes quand vous les frotterez sur votre corps !
Minute écolo : le vrai problème avec l’eau ce n’est pas la quantité qu’on en utilise mais le fait qu’on la pollue à chaque fois qu’on est en contact avec elle. A niveau individuel, éliminer les produits chimiques (d’entretien ou cosmétiques) qui la pollue est une BO dont on a besoin !
Pourquoi ne pas également penser au papier toilette que nous avons l’habitude de jeter dans l’eau en Europe ? Ou pensez-vous qu’il finit ? Pourquoi ne pas prévoir une poubelle à cet effet, comme c’est le cas au Brésil, et éviter ainsi l’assèchement des rivières au PQ ?
Dites-moi si vous essayez les recettes et ce que vous en pensez !

Donner pour mieux recevoir – consommer local partie 2

 ENCOURAGER UNE ÉCONOMIE LOCALE ET CRÉER DES EMPLOIS QUI ONT DU SENS

Pourquoi ?

Le réseau de la grande distribution a pour critère prépondérant le prix. Un producteur qui vend sa production aux centrales d’achat est donc souvent contraint de privilégier la quantité au détriment de la qualité et de brader le fruit de son travail. En France, 25 % des paysans ont un revenu inférieur au RMI, 40 % disposent de moins du Smic pour vivre. Alors que simultanément, les marges de la grande distribution ne cessent d’augmenter.
A contrario, un producteur qui a une relation directe avec ses consommateurs a la possibilité de valoriser un travail de qualité et de le vendre à un prix juste qui n’est pas soumis à la grande chaîne des intermédiaires.

Comment ?

En favorisant les circuits courts de production et de distribution (fermes, petits producteurs locaux, sur les marchés notamment). Aujourd’hui la France a développé un réseau impressionnant entre les producteurs et les consommateurs. Ce n’est pas le cas partout dans le monde donc profitons-en ! Vous verrez, on prend vraiment goût à consommer des produits extra frais et à sentir qu’on utilise l’argent, fruit de notre propre travail, pour soutenir la vie d’une famille d’agriculteurs qui travaille dur toute l’année pour nous nourrir. C’est un geste gratifiant.

En utilisant les monnaies locales qui soutiennent l’économie locale car elles ne sont utilisables que sur un territoire donné, dans des commerces de proximité ou auprès de producteurs locaux. Elles aident à créer et maintenir des emplois qui ont du sens et favorisent les contacts entre les personnes d’un quartier ou d’une ville avec la création de communautés d’utilisateurs. Plus d’info sur les monnaies locales. Pour adhérer à une monnaie locale, il vous faut adhérer à l’association porteuse du projet.

RÉDUIRE LES TRANSPORTS ET MINIMISER L’IMPACT ÉCOLOGIQUE DE CHOIX ALIMENTAIRES

Pourquoi ?

Aux États-Unis, un aliment parcourt entre 2500 et 4000 kilomètres, soit 25 % de plus qu’en 1980. Au Royaume-Uni, en vingt ans, la longueur moyenne du voyage des produits alimentaires a augmenté de 50%. Bref, c’est après 1500 kilomètres qu’un aliment arrive (enfin) dans notre assiette.
Le transport de marchandises, par voie maritime, routière ou aérienne, provoque un grand nombre de nuisances environnementales (pollution, bruit, constructions d’infrastructures…) alors que de nombreux produits alimentaires de nécessité sont fabriqués en France, voire même tout près de chez soi.

Comment ?

En regardant la provenance de nos produits lorsqu’on fait ces courses et en se demandant s’il est bien nécessaire d’acheter des kiwis australiens quand on en produit dans le Sud de la France. On peut, même en supermarché, privilégier les produits qui viennent de chez nous.

En préférant les aliments frais à ceux en conserve ou surgelés dont le conditionnement spécifique est consommateur d’énergie car il implique un passage en usine (consommation en eau, en combustible fossiles, sans parler de la pollution engendrée par ces infrastructures durant leur construction et leurs années de vie).

En achetant des fruits et des légumes de saison. Un fruit hors saison importé consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement lorsque c’est la saison. Manger des fruits et légumes hors saison encourage les cultures sous serre, gourmandes en eau et en chauffage.

Et si vous souhaitez vraiment, vraiment, vraiment manger des bananes, des mangues ou des ananas, du café ou du cacao, faites-le au moins lorsque c’est la saison (probablement en hiver chez nous). Vous pouvez également faire en sorte de privilégier le commerce équitable qui garantit une rétribution plus juste des ressources, est plus attentif à la préservation de l’environnement et interdit le travail d’enfant ou l’esclavagisme (encore une réalité dans beaucoup de pays sous-développés, notamment avec des marques comme Nestlé – campagne de boycott de cette marque, avec tout un tas d’explications).

En mangeant moins de viande de bœuf et de veau. Produire un kilo de bœuf engendre 50 à 100 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que de produire un kilo de blé. Par ailleurs, la production de céréales à destination des animaux est extrêmement gourmande en eau (15 000L d’eau sont nécessaires pour produire 1kg de bœuf), polluantes et cause majeure (si ce n’est unique) de la déforestation de la forêt Amazonienne, le poumon de la terre. De plus, la digestion des ruminants produit du méthane, 23 fois plus « réchauffant » que le CO2.

PARTICIPER À UNE RÉPARTITION ÉQUITABLE DES RICHESSES

Pourquoi ?

La production massive et subventionnée de l’agriculture occidentale (Europe et États-Unis principalement) permet des prix de revient tellement bas que le transport d’un produit ne représente plus que 1 % de son coût global. On peut par conséquent trouver des fruits et légumes européens à Dakar trois fois moins chers que les produits locaux. Ce mode de production et de consommation participe ainsi à la détresse et à la pauvreté des paysans du Sud.

La logique économique presque exclusivement axée sur les notions de croissance et de rentabilité conduit un nombre de plus en plus grand de pays du Sud (Afrique, Maghreb, Amérique du Sud…) à produire en masse pour l’exportation. La région d’Agadir au Maroc mobilise ainsi la quasi totalité des réserves en eau pour ses grandes exploitations de cultures intensives. Les paysans locaux sont ainsi en partie privés d’eau pour leurs cultures et la population privée des denrées destinées à l’exportation. Elle ne bénéficie pas non plus la plupart du temps des devises ainsi générées. Dans d’autres pays, cette course au profit de masse se traduit par des expropriations illégales de paysans chassés de leurs terres et allant grossir le rang des déshérités des villes, ou bien par des déforestations pour planter du soja et du maïs OGM destinés au bétail « occidental » (au Brésil et en Argentine). Plus d’un milliard de personnes dans le monde sont sous-alimentées et 70 % d’entre elles sont des paysans (source : FAO).

Comment ?

Une fois encore en privilégiant l’achat de denrées produites localement, dans l’intention de laisser aux populations des pays en « voie de développement » la possibilité de jouir des ressources de leur territoire et de la liberté de produire d’abord pour elles-mêmes, de vivre et de se nourrir de cette production.

En achetant des fruits et des légumes chez de petits producteurs, ou en bio dans les magasins Biocoop, Naturalia ou Nouveaux Robinson par exemple (productions de petites exploitations) plutôt que dans les grandes surfaces.

En acceptant de payer un prix juste pour les produits que l’on consomme.

En optant pour le commerce équitable.

FAVORISER LA QUALITÉ ALIMENTAIRE ET VIVRE EN BONNE SANTÉ

Pourquoi ?

Produire en masse suppose l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques en agriculture conventionnelle, d’hormones et d’antibiotiques en élevage conventionnel.
Transformer pour obtenir des produits bon marché nécessite l’apport de matières pauvres en qualités nutritionnelles et parfois toxiques (huiles hydrogénées, émulsifiants, antioxydants…). Voir recette de la tarte à la cerise industrielle de Lydia et Claude Bourguignon.
Transporter des fruits et légumes sur de longues distances impose des cueillettes avant maturité – et donc une pauvreté nutritionnelle-, ainsi que des traitements après récolte, chimiques ou par irradiation, comme c’est le cas pour les bananes, deuxième fruit le plus consommé des Français.

Nous qui voyageons aux quatre coins du monde, on sait bien, par expérience, qu’un fruit de la passion ou une mangue dégustée au Brésil n’a rien à voir avec ces mêmes fruits mangés à Noël en France. Qui trouve encore qu’une banane a du goût ? Pourtant, le brain washing nous a mit dans la tête qu’on doit préférer l’ananas, la mangue, le fruit de la passion et la banane à nos pommes, poires, clémentines, raisons, fraises, framboises, pêches, melons …

Sans parler de l’impact sur la santé de la consommation de tous ces produits.

Comment ?

En évitant les produits industriels, congelés, en conserve, transformés, et les produits issus de l’agriculture non biologique. En somme, en se remettant à cuisiner et à se responsabiliser pour sa propre santé et son propre bien-être physique, émotionnel, mental et spirituel.

En mangeant des fruits et des légumes de saison, produits localement et sans faire usage de pesticides, herbicides, hormones et antibiotiques.


PLANTER – RETOUR A LA TERRE

Que vous habitez en appartement, en maison avec jardin ou à la campagne, il n’y a pas de mauvais moment pour se lancer. Des magasins comme Nature et découvertes vous donneront les bases pour commencer en appartement. Vous pouvez aussi louer un bout de terre, participer d’un jardin collectif, demander à votre mairie de vous prêter un terrain (si vous êtes plusieurs) … Les livres et ressources sur la permaculture, qui permet de produire de grandes quantités de nourriture sur de petits espaces, sans utiliser de produits chimiques, sont nombreux, de même que les ressources sur Internet.

Une autre option, le potager collectif 2.0, c’est les Incroyables Comestibles, qui nous encouragent à reprendre collectivement le contrôle de nos rues et à les rendre de plus en plus comestibles, en semant des graine un peu partout. Vous les avez déjà vu vous, dans vos rues ?


Mais nous sommes aussi de plus en plus à remettre en cause le système capitaliste qui nous incite à vivre en ville, loin de la Terre et des éléments, à dédier notre vie à une entreprise, que ce soit la notre ou celle d’un autre, qui nous limite, nous classe, nous étiquette. Qui veut qu’on soit tous pareil. Les exemples fleurissent aujourd’hui de toute part, de toutes ces personnes qui ont finalement dit non et qui ont réussi à se redonner le temps de vivre.

Donner pour mieux recevoir – alimenter l’économie locale

Manger local et de saison, c’est reprendre contact avec celles et ceux qui nous nourrissent, retrouver la fraîcheur des aliments et les saveurs du terroir. C’est aussi encourager la production alimentaire près de chez soi et, par la même occasion, l’autonomie alimentaire et un partage plus juste des ressources nourricières avec le reste du monde.

Pour vous parler de ce sujet, j’ai choisi de vous partager un article du mouvement Colibris, fondé par Pierre Rabhi, aujourd’hui connu et reconnu, notamment dans le monde militant pour le respect de la terre, des animaux et des êtres humains. J’y ai apporté quelques modifications (l’article date un peu) donc je vous mets le lien en bas, et j’y est ajouté ma touche personnelle avec des initiatives qui n’existaient peut-être pas à l’époque comme Terre de Liens ou les monnaies locales. Cet article me met en joie ! ❤

PRÉSERVER LES TERRES NOURRICIÈRES ET L’ACTIVITÉ DES PAYSANS PRÈS DE CHEZ SOI

Pourquoi ?

Aujourd’hui, 30 % des terres arables de la planète ont été stérilisés depuis les années 70 ; 30 % sont dévolus à la culture céréalière destinée à l’élevage et une grande partie pourrait être reconvertie pour produire des agrocarburants. Le « capital naturel » permettant aux humains de se nourrir se réduit donc comme peau de chagrin – une exploitation agricole disparaît toutes les vingt minutes en France -, tandis que la population mondiale ne cesse de croître et que les contraintes énergétiques se complexifient : les énergies fossiles permettant à des denrées de parcourir des milliers de kilomètres se raréfient de façon drastique. Une grave crise alimentaire, dont nous voyons déjà les prémisses, pourrait ainsi éclater dans les années à venir.

Or, l’autonomie alimentaire des régions françaises varie de 10 à 25 %, chacune d’elle ne produisant le plus souvent que quelques types de denrées destinés à l’exportation et important le reste, principalement des autres régions françaises et de l’Europe.
Il est donc important de protéger les terres nourricières en favorisant le maintien ou la création de petites exploitations de proximité destinées à nourrir les populations là où elles vivent ; et de revenir autant que possible à une transformation locale des aliments, limitant ainsi les transports sur de grandes distances.

Comment ?

En partant du principe que l’argent est notre meilleur bulletin de vote, on se doute que la meilleure manière de soutenir les producteurs locaux c’est en achetant leurs produits.

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ACHETER LOCAL : les AMAP et les Ruches

Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Créée en 2001, les AMAP créent un lien privilégié entre les paysans et les consommateurs qui vont chaque semaine pouvoir recevoir un panier rempli de produits du terroir et de saison, produits localement. « Les AMAP participent à la lutte contre les pollutions et les risques de l’agriculture industrielle et favorise une gestion responsable et partagée des biens communs. »

Le prix du panier est fixé de manière équitable, proche de celui d’un panière composé en supermarché, mais il est payé à l’avance pour favoriser le maintien de cette agriculture de proximité et permettre à l’agriculteur de gérer la pression financière. Cette collaboration a permit l’installation de milliers de petites exploitations respectueuses de l’environnement chaque année.

En 2018, la France compte déjà plus de 2000 AMAP ! celles-ci sont même présentes dans les écoles et universités, où les étudiants peuvent y avoir accès parfois à des prix réduits.

Si vous ne trouvez pas d’AMAP près de chez vous, voilà comment en créer une (Créer une AMAP).

La ruche qui dit oui ! permet également d’avoir accès à un panier de produits frais et locaux, de soutenir les petits producteurs en valorisant leur travail. Le principe est similaire : la commande se fait en ligne mais cette fois c’est vous qui choisissez les producteurs et les produits que vous souhaitez recevoir. Pas d’engagement sur l’année mais on paye encore une fois son panier à l’avance, ce qui permet au producteur de ne pas avoir de pertes. Certains producteurs ont le label Bio, d’autres non. Et chaque semaine, vous récupérez votre panier déjà prêt et payé, près de chez vous !

Petite réflexion 0 déchet : les paniers que j’ai eu la chance d’acheter en AMAP ou en ruche contiennent beaucoup moins d’emballage que des paniers équivalents de grande surface 😉


INVESTIR DANS UN PROJET QUI SOUTIENT L’ACTIVITÉ PAYSANNE

Terre de liens est un projet né en 2003 qui conjugue plusieurs mouvements : finance éthique, économie solidaire, développement rural, agriculture biologique et biodynamique, et éducation populaire. Grâce à la Foncière, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, on peut placer son épargne dans un projet à haute valeur sociale et écologique. Le capital accumulé sert à acheter des fermes pour y implanter des activités agri-rurales diversifiées. La Foncière loue ces fermes à des paysans engagés dans une agriculture de proximité, biologique et à taille humaine.

Voilà donc un moyen simple d’utiliser positivement son épargne, plutôt que de laisser nos banques décider pour nous !

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SAUVEGARDER LA BIODIVERSITÉ AGRICOLE ET LA SPÉCIFICITÉ DES TERROIRS

Pourquoi ?

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 75 % des variétés agricoles cultivées dans le monde ont disparu depuis 1900, et avec elles un patrimoine génétique d’une extrême richesse, notamment d’adaptation aux spécificités locales des sols. Ainsi, une seule variété de fraise occupe 80 % des surfaces mondiales consacrées à ce fruit, alors qu’on compte 1200 variétés de fraises sur la planète !

En France, l’agriculteur est limité à la culture de variétés de semences inscrites aux catalogues français et européens, pour la plupart des hybrides non stables (ce qui interdit de replanter les graines et nécessite de les racheter chaque année). En cultivant ces variétés hybrides ou bien des organismes génétiquement modifiés, l’agriculture uniformise la production et condamne la richesse de la biodiversité végétale.

De même, en limitant l’élevage à quelques races animales performantes, l’élevage industriel fait aussi disparaître notre patrimoine animal.

Pourtant, cette biodiversité est la richesse de la variété opposée à la monotonie de la standardisation. Elle est toute la puissance créative de la Nature qui s’adapte aux sols et aux climats en inventant des espèces par milliers, végétales et animales. Un travail de millions d’années de sélections et de mutations qui a permis de pérenniser la Vie. Et cette inventivité, combinée au génie créatif de l’homme, qui a sélectionné et croisé semences et races, a longtemps produit des résultats agronomiques élevés.
Cela vaut donc la peine d’encourager la polyculture. Au contraire de la monoculture, elle garantit la rotation des terres et donc leur fertilité pérenne ; elle favorise les particularités locales et redonne toute leur place aux terroirs et aux goûts.

Comment ?

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En Biocoop, Naturalia ou Nouveaux Robinson, vous trouvez de plus en plus de variétés de légumes oubliés. Favorisez-les, découvrez de nouvelles saveurs et encouragez les producteurs à préserver les graines et les espèces qui certes ne correspondent pas aux canons de beauté de supermarché mais sont beaucoup plus goûtu et riches nutritionnellement qu’une pomme lady ! Voyez-vous-même : Ils sont pas beaux nos légumes oubliés ?

Tentez l’expérience de faire vos courses hors de votre supermarché habituelle : retournez nouer le contact avec un fromager, un boucher, un épicier, un boulanger, un pâtissier ou primeur ! Valorisez leur travail et découvrez de nouvelles saveurs ! On cherche à manger des choses qui viennent de loin, des produits exotiques, mais bien souvent on ne connait pas vraiment toute la richesse de notre propre pays. A quoi bon alors ?

Fin de la partie 1.

Pierre Rabhi, la sobriété heureuse (notre Pépé Mujica à nous, en sommes).

Mouvement Colibris : L’article dont je me suis largement inspirée

Le gargarisme à l’huile

Avez-vous déjà entendu parler de gargarisme à l’huile, plus connu sous le nom de oil pulling ? Voici un petit guide pour mettre en place cette habitude ancestrale dans votre routine matinale.

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Qu’est-ce que le gargarisme à l’huile ?

Le gargarisme à l’huile consiste à prendre en bouche une petite quantité d’huile et de la faire passer autour de ses dents et gencives. Avec cette méthode, l’huile ne fait pas que nettoyer votre bouche, elle améliore en réalité l’hygiène buccale en générale. C’est pourquoi cette technique n’est pas utilisée que par les thérapeutes ayurvédiques, mais aussi par les médecins allopathiques et les dentistes.

Les bénéfices

Les bénéfices du gargarisme à l’huile vont bien plus loin que la bouche.

  • Dents et gencives. Avec toute la nourriture et les boissons que l’on consomme, des particules se bloquent facilement dans nos dents et nos gencives, ce qui peut conduire à des douleurs dentaires et autres résultats peu plaisants. Le gargarisme à l’huile aide à maintenir un pH normal et une flore orale, empêchant ainsi les microbes, plaques et caries de s’installer, tout en renforçant les dents et leur émail.
  • Les sinus peuvent facilement se boucher, en particulier pour les allergiques au pollen ou à la poussière. Le gargarisme promeut la santé des sinus, leur permettant notamment de rester propres, évitant ainsi de nombreux inconforts.
  • Haleine. Cette pratique a prouvé qu’elle permet de rafraichir l’haleine et de réduire la sécheresse et les sifflements, rendant la respiration plus aisée.
  • Les joints. En pratiquant quotidiennement cette méthode, vous pouvez espérer améliorer le confort et la flexibilité de vos joints. Les dentistes considèrent la santé de la bouche comme un indicateur de la santé général de notre corps. Comme le gargarisme à l’huile humidifie les dents, il humidifie également le reste du corps.
  • Muscles des joues. En se gargarisant, vous exercez doucement et efficacement les muscles du cou, de joues et les mandibules, rendant ces zones plus souples. Par ailleurs, l’huile absorbée par l’intérieur de la bouche aide les joues et le cou à se détendre et prévient d’éventuelles sécheresses.
  • Détoxification. Le gargarisme à l’huile apporte un soutien à la fonction naturelle du corps d’élimination des toxines.
  • Peau. La présence de l’huile aide la peau à rester hydratée et lui promeut un environnement bénéfique.
  • Routine. Cette pratique qui rafraichit l’haleine et la bouche nettoie est une excellente habitude à ajouter à votre routine matinale ! L’aspect ritualiste n’est pas bon que pour votre hygiène buccale, mais il apporte aussi de l’équilibre et de la clarté à votre quotidien.

Comment procéder au gargarisme à l’huile

Le matin, l’estomac vide, commencez par mettre 1 cuillère à soupe d’huile dans votre bouche. L’ayurvéda recommande traditionnellement l’huile de sésame. Au début, l’huile peut ne pas avoir un goût très agréable, mais il faudra s’y habituer. Faites passer l’huile des deux côtés de votre bouche mais aussi devant, derrière et à travers les dents. Faites cela durant 15-20 minutes, jusqu’à ce que l’huile soit liquide et claire. Crachez alors dans la poubelle, dans les toilettes ou dans la terre (plutôt que dans l’évier qui pourrait se boucher) et rincez la bouche avec de l’eau chaude ou de l’eau salée. Brossez-vous les dents si vous le souhaitez.

N’avalez surtout pas l’huile qui contient toutes les bactéries de votre bouche.

Quelle huile pour un gargarisme à l’huile ?

Plusieurs huiles peuvent être utilisées. Traditionnellement, l’ayurvéda promeut l’utilisation de l’huile de sésame, mais l’huile de coco a montré des propriétés antimicrobiennes plus élevées.

 

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Si les bénéficies de ce gargarisme vous semblent intéressant, n’hésitez pas à lui donner une chance !

Changer de l’intérieur

Au cours des quatre années j’ai remis en question à peu près tout ce que j’avais appris jusqu’ici. Ma vie aussi bien au niveau matériel que spirituel est totalement différente de ce qu’elle était avant ma première sortie de France.

Remettre en question le schéma du bonheur classique et adapter ma vie en fonction de mes nouvelles convictions a été un processus long qui m’a beaucoup enseigné sur moi-même et sur le monde.

Se demander quelles sont nos valeurs.

Comme l’explique délicatement et subtilement cette vidéo, mes valeurs c’est mon identité. Sauf qu’on nous le dit pas toujours et qu’on ne nous incite pas très souvent à réfléchir à ce qui nous importe le plus. Travail, famille, justice, courage, liberté, égalité, ambition, pouvoir ?

En m’intéressant à mes valeurs et en les classant selon une hiérarchie qui m’est propre, j’ai pu constater que mes actions n’étaient pas toujours en accord avec ce qui m’importait le plus, théoriquement.

Par exemple, l’une de mes plus fortes valeurs est la justice. Comment alors participer à l’assassinat de milliards d’êtres vivants innocents simplement parce que je ne connais pas d’alternative ou parce que cela me donne du plaisir ? Cela m’est devenu de plus en plus difficile une fois que j’ai eu mis le doigt dessus.

Voilà pourquoi pour moi, se demander quelles sont nos valeurs et ce qu’on peut faire au quotidien pour les respecter est un puissant levier de changement.

Choisir nos sources d’informations et de divertissement

Les valeurs promues par la société, les médias et la politique ne sont pas nécessairement celles auxquelles chacun d’entre nous s’identifie. Vous vous êtes déjà demandé quelles sont les valeurs que les séries américaines promeuvent par exemple ? Glamourisation de la cigarette, de l’alcool et de la drogue, approbation de comportements machistes comme de tromper sa femme, glamourisation des potins, de la jalousie, de l’envie … Pourquoi encourager ce genre de contenu générateur de souffrances  ?

Il est clair que les médias sont utilisés pour nous manipuler et nous induire à nous comporter comme un troupeau de mouton et à ne rien remettre en question. Les journaux télévisés utilisent surtout la peur pour nous inciter à conserver des comportements individualistes, racistes, etc.

Pour ce qui est de l’information, le plus grand piège dans lequel on tombe est de ne pas vérifier QUI paye pour qu’une étude soit publiée. Celles qui font la promotion des bienfaits des produits laitiers ou de la viande sont généralement financées par ces mêmes industries, sauf qu’on ne le sait pas toujours, ou qu’on ne fait pas le rapprochement avec le biais présent dans les résultats. Internet regorge aujourd’hui de sources d’informations bien plus fiables que la télévision et pour lesquelles il est facile de vérifier les sources de financement.

L’une des premières vidéos qui m’avait fait prendre conscience de cela :

Ce qui m’a fait sauter le pas

En me rendant compte que la vie qu’on avait prévu pour moi (université, boulot, mariage, enfants, chien, maison) ne me faisait absolument pas envie, je suis d’abord entrée dans une phase de déprime, avant de recevoir suffisamment d’informations pour me rendre compte qu’il existait d’autres manières de vivre sa vie. La peur de l’inconnue était alors forte, mais beaucoup moins forte que le rejet total du schéma qui se présentait à moi.

Rencontrer et côtoyer des personnes qui ont réussi à sortir du système et à vivre autrement que selon le schéma classique m’a beaucoup inspirée et motivée à me créer mon propre chemin hors des sentiers battus.

L’argent ne vous rendra pas heureux, et plus d’argent non plus

S’il y a bien une chose dont on peut être sûr c’est que les possessions matérielles, les voyages à l’étranger et les sorties ciné ou shopping ne sont pas ce que notre âme est venue chercher dans cette incarnation sur Terre. Pourquoi est-ce que je parle soudain d’âme, plutôt que de dire simplement : l’argent ne rend pas heureux ? Parce que je pense que nos corps physique et mental peuvent éventuellement se satisfaire d’une vie de plaisirs physiques (manger, boire, dormir, avoir des relations sexuelles) mais que c’est bien parce qu’on n’est pas que ça, qu’il arrive un moment où cela ne nous satisfait plus. C’est bien parce qu’il y a en nous une partie spirituelle, une âme et un esprit, que l’on n’arrivera jamais à être heureux dans le système capitaliste qui nous pousse à vouloir toujours plus. Désir, plaisir … souffrance est le cycle infini qu’on vit tous jusqu’au jour où on commence à s’éveiller spirituellement.

Éveil spirituel ?

Six mois en Inde et un an et demi au Brésil m’ont fait comprendre que nous ne sommes pas qu’un corps physique destiné à mourir et disparaître après une petite centaine d’années. Dans ma conception actuelle, seul notre corps physique meurt alors que notre âme ne fait que changer d’enveloppe corporelle. Selon les karmas accumulés ou payés au cours de cette vie, on se réincarne en minéral, plante, animal ou être humain.

D’après mes informations, notre incarnation sur Terre en tant qu’être humain est une opportunité d’une grande rareté qui nous est donnée pour opérer un saut spirituel. Seul l’être humain a la capacité d’évoluer spirituellement, ce qui prouve bien que nous ne sommes pas ici uniquement pour satisfaire nos désirs et courir après le plaisir. Nous avons un objectif bien plus profond et spirituel : nous reconnecter avec notre essence, nous reconnecter à la Pleine Conscience, à l’Amour Inconditionnel que nous sommes de nature.

Que ce soit le bouddhisme, l’hindouisme ou le spiritisme, tous concordent à dire que tant que nous n’aurons pas réussi à nous reconnecter avec l’Univers, avec la Source, nous devrons revenir sur Terre, planète inférieure de souffrances, de mort, de vieillesse, de maladies. Ce cycle de naissance et mort est appelé samsara.

En quête de connexion

L’écriture de cet article me mène à la conclusion suivante : le fait que je choisisse de plus en plus de vivre dans des endroits reculés et entourés de nature facilite ce travail de reconnexion. Bien plus que les immeubles et le béton, la nature m’aide à mieux me comprendre et à sentir de plus en plus que je ne fais qu’un avec l’Univers. Mon environnement devient une thérapie, une méditation, un rappel constant de ma nature infinie et paradoxalement de mon infinie petitesse.

 

La campagne : ennui ou paradis ?

Voilà, maintenant il n’y a plus de secret, vous savez où je vis. Campagne, nature, palmiers et bananiers, je vous ai planté le décor. Mais vous ne savez toujours pas ce que je fais ici, et c’est probablement ce qui vous intéresse le plus, je me trompe ?
Que ce soit avec des français ou des brésiliens, la question de l’ennui est souvent revenue quand je mentionne le fait que je vis à la campagne. Pourtant j’ai réalisé que je ne me suis jamais autant ennuyée que quand je vivais en ville : à l’école, en stage, en école de commerce, dans les transports et même souvent chez moi devant l’ordinateur … Je m’ennuyais en permanence. Impossible de compter le nombre de fois où j’ai regardé l’heure en espérant que le temps passe plus vite à l’école, à l’université ou en stage. Alors pourquoi la plupart des gens, moi y compris avant de le vivre, pensent qu’à la campagne on s’ennuie nécessairement ?

 

J’ai quelques idées sur la question mais je sais surtout par expérience que c’est grâce à mes voyages, notamment en solitaire, que j’ai commencé à apprécier ma compagnie et à découvrir ce que j’aime faire, en dehors de passer mon temps sur l’ordinateur. Deux expériences m’ont particulièrement marquées à ce propos : un volontariat dans une ferme très éloignée de la civilisation sans Internet, télévision ou livres dans une langue que je parlais, et tous les déjeuners et diners que j’ai passé seule en Inde. Dans le premier cas, j’ai été mise face à ma réalité : sans technologie, je ne savais plus quoi faire, et j’ai réellement senti un grand désespoir m’envahir pendant plusieurs jours, avant de réussir à me calmer. Dans le deuxième cas, j’ai enfin pu commencer à apprécier de passer du temps seule à table pour observer mon environnement, les gens mais aussi simplement lire ou écrire. Quelque chose que je n’arrivais pas à faire auparavant.

 

Ma transition vers la vie à la campagne s’est donc faite petit à petit. Il m’a fallu apprendre à découvrir mes intérêts, apprendre à valoriser le temps passé avec d’autres êtres humains, apprendre à valoriser les petits moments insignifiants de la vie, etc.
Après cette petite introduction, voici pour les curieux mon emploi du temps de ces 8 ou 9 derniers mois.

Le matin, un moment sacré :

En ayurvéda, on considère que la journée se fait à l’image des premières heures de la matinée. D’où l’importance de créer des rituels sains, positifs, énergisants voire spirituels dès le matin. Je consacre donc les deux premières heures de la matinée à prendre soin de mon corps et de mon esprit, ce qui inclut : hygiène du corps, organisation de mon espace de vie (rangement, nettoyage), rituels de pleine conscience (écriture, yoga, méditation, écoute de mantras), petit-déjeuner et organisation de mes objectifs de mes tâches. J’ai récemment téléchargé l’application Fabulous pour m’aider à ne rien oublier. Lorsqu’il fait beau, je vais ensuite à la rivière où je prends un bain et médite un peu.
J’ai créé ma routine grâce aux thérapeutes qui ont croisé mon chemin, à mes lectures sur l’ayurvéda mais aussi grâce aux morning routine « healthy, vegan, yoga, hippie » (ironie) disponibles sur YT et souvent très inspirantes : 9 Ayurveda Wellness Habits to Try.

Mes rendez-vous de la semaine:

Le marché du producteur local d’Alto Paraiso. On y trouve beaucoup de fruits et légumes bio, des en-cas vegan et / ou gluten free mais aussi de l’art, des choses faites mains, des braderies de vêtements … C’est le lieu de rencontre des habitants de la région donc on socialise, on partage un repas, on écoute les musiciens jouer …

 

 

Mercredi soir, samedi soir et dimanche matin, un rendez-vous récent et un peu spécial pour la culture française en particulier. Depuis quelques mois je me forme comme médium au temple du Vale do Amanhecer. Il s’agit d’une doctrine qui utilise la médiumnité dans le but de favoriser l’évolution spirituelle de ces membres, au travers de la réalisation d’un travail caritatif auprès de nos so called patients.
 

 

Samedi matin : formation de thérapie de rebirthing. Quatre heures destinées à la fois à recevoir différentes thérapies et en particulier à faire des sessions de rebirthing, mais également à me former comme future thérapeute. Une envie présente en moi depuis longtemps mais que je n’avais jusqu’à présent pas eu le courage de réaliser.
 

 

Et le reste du temps ?

Suivant les périodes, j’ai parfois eu beaucoup de temps à moi et en ai profité pour étudier, lire et écrire. J’ai suivi un cours d’ayurvéda et un cours de communication non violente en plus de toutes les lectures, films et audios auxquels j’ai pu dédier du temps. J’ai suivi le programme du livre Le chemin de l’artiste  de Julia Cameron qui propose pendant 12 semaines des exercices pour se reconnecter avec sa créativité. Ces moments ont été très enrichissant et je suis particulièrement fière d’avoir enfin réussi à valoriser ce temps passée seule et d’avoir su le mettre à profit pour mon bien-être.

 

Néanmoins c’est aux relations  interpersonnelles que j’ai consacré le plus de temps, que ce soit avec les personnes qui vivent avec moi ou près de moi. Ici, les connexions se font facilement notamment lorsqu’on fait du stop ou qu’on va au marché. Je me suis fait rapidement beaucoup d’amis et j’apprécie de passer du temps à le dédier du temps. Aujourd’hui par exemple, je suis sortie faire un tour dans le village à 10 heures et ne suis rentrée qu’à 16 heures car j’ai visité plusieurs amis.

 

Dans l’article précédent, je vous parlais également de Rasa, Adair et Helton. Qui sont-ils ? Rasa est une américaine d’une cinquantaine d’année. Il y a 4 ans, son chemin a croisé celui d’Adair, brésilien de 20 ans qui a souffert d’un AVC et est aujourd’hui schizophrène et épileptique. Elle a décidé de l’adopter et de l’aider dans son chemin vers la guérison en privilégiant des méthodes alternatives : homéopathie, magnétisme, shamanisme, spiritisme, et surtout beaucoup beaucoup d’amour et de temps.

 

Tous les 4 nous sommes rencontrés dans une communauté au mois de septembre. Helton a toujours eu un don pour calmer Adair en cas de crise, et moi j’ai apporté à Rasa le soutien organisationnel mais surtout émotionnel dont elle avait besoin au quotidien. Elle a en effet passé les 4 dernières années pratiquement seule (elle ne parle pas portugais) à s’occuper d’Adair et j’ai été la première personne avec qui elle a créé une relation amicale et de soutien pendant tout ce temps. Lorsqu’elle nous a donc demandé de la suivre dans ce projet nous avons tous les deux acceptés. De manière irrégulière et imprévisible, c’est cette « activité » qui m’a demandé le plus de temps et d’énergie.

 

C’est d’ailleurs dans ce cadre que je devais partir la semaine pour Rio Branco, en Amazonie. Adair ayant besoin d’un cadre plus strict pour l’aider dans sa guérison, Rasa a choisi de l’interner dans une ONG qui se présente comme un centre de réhabilitation pour personnes addicts à l’alcool et aux drogues qui travaille avec la ligne du shamanisme. Rasa, Adair et Helton sont là-bas depuis trois semaines mais ça ne se passe pas si bien que prévu donc ils partent la semaine prochaine pour un autre centre de la même ONG, à Espirito Santo.

 

Ainsi donc je vais finalement rester ici. J’apprends à être flexible, à me calmer et à attendre de comprendre la situation avec plus de recul avant de prendre des décisions. En cette ère de profondes et rapides transformations, le détachement et la flexibilité sont des aptitudes qu’il est bon de travailler face à n’importe quelle situation.

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu qu’on peut vivre à la campagne et ne pas s’ennuyer une seconde. C’est surtout une question de la manière dont chacun voit la vie. Parce que le bonheur ne réside pas dans l’action incessante mais dans la présence permanente …

 

Sur ce j’aimerais savoir ce que vous aimez faire quand il n’y a « rien à faire » ? Autre qu’être sur les écrans. Je suis curieuse et ça pourrait me donner des idées !
A bientôt,
Sarah.

 

4 mois dans un quilombo brésilien

Nouvelle étape dans ma vie dans la Chapada, et je dois bien avouer : ma préférée ! Moinho m’a enchantée au point de ne plus vouloir en partir. Je vais essayer de partager ici un peu de l’amour que je ressens pour cet endroit.
Moinho est un village quilombola de 300 habitants situé à 12 km d’Alto Paraiso, toujours dans la Chapada dos Veadeiros. J’y ai déménagé le 10 janvier avec Rasa (américaine de 55 ans), Adair (brésilien / polonais de 20 ans) et Helton (brésilien de 35 ans). Un quilombo est un ancien village d’esclaves. La population y est généralement majoritairement noire, pauvre et encore aujourd’hui peu éduquée. Moinho est un village de paysans et de guérisseurs (raizeros), longtemps isolé du fait de l’absence de route rejoignant la ville, d’où un fort taux de mariage consanguins. Encore aujourd’hui, il faut compter 40 minutes de route de terre pour aller faire ses courses.

 

Contrairement à d’autres parties du cerrado (type de végétation caractéristique de la Chapada), la végétation est dense et verdoyante, ce qui permet de planter beaucoup d’aliments et de plantes médicinales. Chez moi poussent du manioc, du curcuma, des pommes de terre, des bananes, des avocats, des haricots, des ananas et des cannes à sucre. Avec les habitants, j’ai appris à planter et à travailler certaines plantes. J’ai fait du jus de canne à sucre et de la farine de mandioc, mais ils font aussi de la rapadura, des confitures, des conserves, des huiles et des remèdes …

 

 

 

MON avocatier =)
 
Aujourd’hui je valorise encore plus la proximité de mes aliments puisque ici la majorité de mes fruits et légumes venaient de champs à proximité, le plus souvent bio. Les plantations sont petites et servent simplement à nourrir les villageois et à rapporter un peu d’argent supplémentaire aux paysans. 
Une autre caractéristique de Moinho est la proximité et l’entraide entre les habitants. La plupart des maisons sont regroupées dans le centre qui compte deux rues parallèles et deux rues transversales. La moitié de la population fait partie de l’église évangélique (considéré comme un catholicisme hard core) donc se réunit deux à trois fois par jour pour le culte. Les gens sont très proches et s’aident en permanence en s’offrant des repas, partageant leurs outils, s’invitant les uns chez les autres, prenant les gens en stop, etc.

 

Notre maison, qu'on a repeinte
 
 Ma maison, ci-dessus, que je partageais avec Helton, était située dans la rue principale. Contrairement à la France où on a plutôt l’habitude d’être très silencieux et dérangés par le bruit, ici les gens communiquent d’une maison à l’autre en criant, mettent la musique extrêmement forte, crient dans la rue dès le matin, ne s’occupe pas de dresser les chiens pour qu’ils n’aboient pas … J’ai mis au moins deux mois à m’habituer à tout ce bruit puis j’ai commencé à connaitre les gens. Leur bonne humeur et leur hospitalité m’ont tellement touchées, ils m’ont tellement fait sentir que je faisais partie de cet endroit, de cette grande famille que le reste est devenu un détail sans grande importance. Je ne suis pas partie qu’ils me manquent déjà …

 

Chaque journée passée ici a eu l’effet d’une thérapie profonde. J’ai nourri mon corps et mon esprit en passant mes après-midi à la rivière, en buvant une eau de source pure, en mangeant des aliments frais et naturels, en passant beaucoup de temps à discuter avec des personnes qui m’ont accueillies telles que je suis malgré nos différences. La déconnexion avec le monde virtuel m’a permis d’octroyer plus de temps à la lecture, à l’écriture, à la prière, au yoga, à la cuisine … Les jours sont passés tellement vite, et je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer …

 

J’espère revenir très vite dans ce petit paradis ❤ Gratitude immense pour ces quelques mois. Et vous, quel est votre endroit préféré au monde ?