Premiers pas …

Mon voyage au Brésil se caractérise principalement par un éveil de conscience, une recherche spirituelle intense et une reconnexion avec des parties oubliées de moi-même.  
L’endroit où je vis est situé sur la plus grosse plaque de quartz du monde, pierre qui favorise la circulation des énergies, la révélation d’émotions enfouies, la connexion avec le Tout. Je suis donc bien tombée, moi qui voulais m’octroyer un temps pour mieux me connaitre après mes années de prépa et d’école de commerce. Un temps pour savoir qui je suis, où je veux aller et qu’est-ce que je peux apporter au reste du monde.
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Il parait qu’à partir du moment où on met un pied sur ce chemin de découverte de soi et de la spiritualité, les choses commencent à arriver d’elle-même. Je crois que j’ai été guidée par un ange jusqu’à cet endroit qui allait me permettre de faire tant de travail sur moi, de plonger dans mes souffrances, mes schémas, mes croyances, mes émotions, mes peurs …
Je ne suis pas allée m’installer dans n’importe quel endroit du monde. La NASA a récemment déclarée que la Chapada dos Veadeiros, où je vis, est l’endroit le plus brillant de la Terre vu de l’espace. Ici, la concentration de thérapeutes au mètre carré est impressionnante. Il existe des thérapies pour tout et pour tous, le but ultime étant de rétablir l’équilibre de son système, de se reconnecter avec ses différents corps, de se réconcilier avec les parties de nous que l’on a du mal à accepter (le masculin, le féminin, les « défauts », les douleurs de l’enfance …), de comprendre sa nature divine et éternelle en se reconnectant à l’Univers.
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Le Brésil est un pays très religieux mais aussi très spirituel. J’ai bien appris à faire la différence, ce qui m’a permis de me réconcilier avec le mot « Dieu », « Jésus », « péché », « diable », « paradis » et « enfer » par exemple et de comprendre la différence entre une pratique religieuse et une pratique spirituelle. Être dans un endroit qui reconnait, encourage, comprend et valorise la recherche spirituelle m’a permis de m’en approcher doucement, sans peur et sans auto-jugement. Parce que pour moi aussi tout ça était très nouveau, effrayant, bizarre, mon ego a opposé et oppose toujours toutes les résistances qu’il peut pour que je ne m’aventure pas plus loin sur ce chemin et que je reste bien tranquillement où je suis.
L’ego, c’est un truc que je n’arrivais vraiment pas à comprendre. Voici une métaphore qui m’a aidée : à la naissance, chacun de nous se voit octroyer un immense et merveilleux château. Ce château représente la plénitude de l’enfant : celui-ci naît entier, satisfait, heureux, en paix, connecté à l’Univers et à lui-même. Il naît Amour. Mais avec le temps, les adultes qui l’entourent vont projeter sur lui leurs propres croyances, peurs, limites et émotions. « Non, ne rentre pas dans cette pièce, c’est dangereux ! », « Je t’ai dis de ne pas regarder par cette fenêtre » … Ainsi, l’enfant va abandonner la plupart de son château, jusqu’à ne plus vivre que dans une seule petite pièce. Cette petite pièce, c’est nous à l’âge adulte. Plein de préjugés, de croyances, de peurs et de limitations et nous définissant à partir de ces derniers.
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Si vous avez compris la métaphore, vous comprendrez que le but du travail spirituel est de ré-explorer les pièces du château qu’on a abandonné et de réussir à les réintégrer une à une dans notre vie pour enfin réussir à vivre pleinement notre notre vie, notre but, notre mission …
S’observer, sentir, accepter, faire confiance, croire, demander de l’aide … Tout ça demande beaucoup de lâcher-prise, de laisser-aller. Je ne suis pas maître de mon futur. Je suis maître de mon présent, de cet exact moment auquel je vous écris. Penser que je pourrais planifier, organiser, prévoir mon futur et que les choses se passent exactement comme je l’ai prévu est une méconnaissance de la nature même de la vie terrestre, de l’être humain, de notre place dans ce système.
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Aujourd’hui je vois la vie sur Terre comme une opportunité de retrouver la Source, le Divin, l’Amour inconditionnel, la Pleine conscience, peu importe le nom que vous souhaitez lui donner. Cela se fait d’une part à travers nos expériences comme notre contact avec la vie, la mort, les difficultés, les autres, et d’autre part à travers des pratiques spirituelles qui ont pour objectif d’accélérer le processus et d’éclairer notre chemin. Il peut s’agir de la pratique de la méditation, comme c’est le cas dans le bouddhisme, le zen, le yoga … ou de l’usage de plantes médicinales « maîtres » comme c’est le cas dans le chamanisme et dans les traditions des peuples indigènes. Finalement peu importe le chemin (vraiment, même l’église peut mener à l’auto-réalisation, à l’illumination), ce qui compte c’est de s’y mettre, de s’y tenir et de faire confiance.
Tout ce qui doit arriver arrivera.

Changer de l’intérieur

Au cours des quatre années j’ai remis en question à peu près tout ce que j’avais appris jusqu’ici. Ma vie aussi bien au niveau matériel que spirituel est totalement différente de ce qu’elle était avant ma première sortie de France.

Remettre en question le schéma du bonheur classique et adapter ma vie en fonction de mes nouvelles convictions a été un processus long qui m’a beaucoup enseigné sur moi-même et sur le monde.

Se demander quelles sont nos valeurs.

Comme l’explique délicatement et subtilement cette vidéo, mes valeurs c’est mon identité. Sauf qu’on nous le dit pas toujours et qu’on ne nous incite pas très souvent à réfléchir à ce qui nous importe le plus. Travail, famille, justice, courage, liberté, égalité, ambition, pouvoir ?

En m’intéressant à mes valeurs et en les classant selon une hiérarchie qui m’est propre, j’ai pu constater que mes actions n’étaient pas toujours en accord avec ce qui m’importait le plus, théoriquement.

Par exemple, l’une de mes plus fortes valeurs est la justice. Comment alors participer à l’assassinat de milliards d’êtres vivants innocents simplement parce que je ne connais pas d’alternative ou parce que cela me donne du plaisir ? Cela m’est devenu de plus en plus difficile une fois que j’ai eu mis le doigt dessus.

Voilà pourquoi pour moi, se demander quelles sont nos valeurs et ce qu’on peut faire au quotidien pour les respecter est un puissant levier de changement.

Choisir nos sources d’informations et de divertissement

Les valeurs promues par la société, les médias et la politique ne sont pas nécessairement celles auxquelles chacun d’entre nous s’identifie. Vous vous êtes déjà demandé quelles sont les valeurs que les séries américaines promeuvent par exemple ? Glamourisation de la cigarette, de l’alcool et de la drogue, approbation de comportements machistes comme de tromper sa femme, glamourisation des potins, de la jalousie, de l’envie … Pourquoi encourager ce genre de contenu générateur de souffrances  ?

Il est clair que les médias sont utilisés pour nous manipuler et nous induire à nous comporter comme un troupeau de mouton et à ne rien remettre en question. Les journaux télévisés utilisent surtout la peur pour nous inciter à conserver des comportements individualistes, racistes, etc.

Pour ce qui est de l’information, le plus grand piège dans lequel on tombe est de ne pas vérifier QUI paye pour qu’une étude soit publiée. Celles qui font la promotion des bienfaits des produits laitiers ou de la viande sont généralement financées par ces mêmes industries, sauf qu’on ne le sait pas toujours, ou qu’on ne fait pas le rapprochement avec le biais présent dans les résultats. Internet regorge aujourd’hui de sources d’informations bien plus fiables que la télévision et pour lesquelles il est facile de vérifier les sources de financement.

L’une des premières vidéos qui m’avait fait prendre conscience de cela :

Ce qui m’a fait sauter le pas

En me rendant compte que la vie qu’on avait prévu pour moi (université, boulot, mariage, enfants, chien, maison) ne me faisait absolument pas envie, je suis d’abord entrée dans une phase de déprime, avant de recevoir suffisamment d’informations pour me rendre compte qu’il existait d’autres manières de vivre sa vie. La peur de l’inconnue était alors forte, mais beaucoup moins forte que le rejet total du schéma qui se présentait à moi.

Rencontrer et côtoyer des personnes qui ont réussi à sortir du système et à vivre autrement que selon le schéma classique m’a beaucoup inspirée et motivée à me créer mon propre chemin hors des sentiers battus.

L’argent ne vous rendra pas heureux, et plus d’argent non plus

S’il y a bien une chose dont on peut être sûr c’est que les possessions matérielles, les voyages à l’étranger et les sorties ciné ou shopping ne sont pas ce que notre âme est venue chercher dans cette incarnation sur Terre. Pourquoi est-ce que je parle soudain d’âme, plutôt que de dire simplement : l’argent ne rend pas heureux ? Parce que je pense que nos corps physique et mental peuvent éventuellement se satisfaire d’une vie de plaisirs physiques (manger, boire, dormir, avoir des relations sexuelles) mais que c’est bien parce qu’on n’est pas que ça, qu’il arrive un moment où cela ne nous satisfait plus. C’est bien parce qu’il y a en nous une partie spirituelle, une âme et un esprit, que l’on n’arrivera jamais à être heureux dans le système capitaliste qui nous pousse à vouloir toujours plus. Désir, plaisir … souffrance est le cycle infini qu’on vit tous jusqu’au jour où on commence à s’éveiller spirituellement.

Éveil spirituel ?

Six mois en Inde et un an et demi au Brésil m’ont fait comprendre que nous ne sommes pas qu’un corps physique destiné à mourir et disparaître après une petite centaine d’années. Dans ma conception actuelle, seul notre corps physique meurt alors que notre âme ne fait que changer d’enveloppe corporelle. Selon les karmas accumulés ou payés au cours de cette vie, on se réincarne en minéral, plante, animal ou être humain.

D’après mes informations, notre incarnation sur Terre en tant qu’être humain est une opportunité d’une grande rareté qui nous est donnée pour opérer un saut spirituel. Seul l’être humain a la capacité d’évoluer spirituellement, ce qui prouve bien que nous ne sommes pas ici uniquement pour satisfaire nos désirs et courir après le plaisir. Nous avons un objectif bien plus profond et spirituel : nous reconnecter avec notre essence, nous reconnecter à la Pleine Conscience, à l’Amour Inconditionnel que nous sommes de nature.

Que ce soit le bouddhisme, l’hindouisme ou le spiritisme, tous concordent à dire que tant que nous n’aurons pas réussi à nous reconnecter avec l’Univers, avec la Source, nous devrons revenir sur Terre, planète inférieure de souffrances, de mort, de vieillesse, de maladies. Ce cycle de naissance et mort est appelé samsara.

En quête de connexion

L’écriture de cet article me mène à la conclusion suivante : le fait que je choisisse de plus en plus de vivre dans des endroits reculés et entourés de nature facilite ce travail de reconnexion. Bien plus que les immeubles et le béton, la nature m’aide à mieux me comprendre et à sentir de plus en plus que je ne fais qu’un avec l’Univers. Mon environnement devient une thérapie, une méditation, un rappel constant de ma nature infinie et paradoxalement de mon infinie petitesse.

 

Grandir en voyageant – comment ?

Il est clair que je ne suis plus la même personne qu’avant mon premier voyage en Uruguay. Tous mes voyages m’ont fait grandir probablement plus rapidement que si j’étais restée en France, car grâce à elles je me suis ouvert les portes de mon vrai Moi. Comment ?

  1. Sortir de ma zone de confort

Voyager c’est choisir de se challenger, choisir de sortir du confort de notre environnement connu, d’une langue parlée, de la proximité de visages connus, etc. Dans notre ville, on n’est pas quotidiennement poussé dans nos retranchements car on a entre nos mains les outils nécessaires pour la manœuvrer de la manière la plus aisée possible.

En voyageant, on choisi de sortir de ce confort, de se délocaliser dans un environnement inconnu et différent. On devient vulnérable. Et c’est cette vulnérabilité qui nous pousse à entrer plus en contacts avec l’Autre. C’est en voyageant que j’ai changé mon point de vue sur l’Homme, que j’ai constaté que sa générosité et son envie d’aider souvent cachée par la peur. Peur d’être volé, violenté, trompé, abusé … C’est en voyageant que j’ai appris à écouter mon intuition, notamment quand je fais du stop.

En voyage, je suis en permanence en contact avec l’Autre : demander de l’aide (stop, chemin, repas, hébergement), faire de nouvelles rencontres, aider (volontariat) … Et ce contact m’a énormément appris sur moi-même en me faisant travailler la timidité, la peur du refus, la peur du rejet, la peur de passer pour une mendiante ou une idiote … Par exemple =)

2. S’éloigner des préjugés

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Mais l’Autre, qu’on rencontre en voyage, n’est pas le même Autre que celui qu’on a à la maison et qui nous connait trop bien pour nous laisser expérimenter des choses trop loin de ce qu’ils pensent qu’on est (vous me suivez ? ). Notre famille et nos amis ont des préjugés sur qui nous sommes, et en se basant sur ces préjugés, ils se donnent parfois le droit d’anticiper ou de juger nos comportements sur des bases peu saines et peu propices aux changements. En s’éloignant des personnes qui nous connaissent, on se crée un terrain de jeu infini, une zone d’expérimentation complètement libre et excitante. Je peux être qui je veux, je peux changer ma manière de réagir, je peux changer ma manière d’interagir, je peux me redéfinir. Over and over again.

3. Être présent

Le voyage implique également une plus grande dose de présence. Comme rien ne nous est familier, il nous faut prêter attention à beaucoup plus de choses que dans notre quotidien. Transports, restaurants, logement, culture, langue, exigences vestimentaires, réaction des autres sur notre passage … Tout à l’étranger peut devenir un défi, et ces défis requièrent de l’attention. En étant ancrée dans le présent, je ne laisse pas le temps à mon esprit de s’aventurer à penser au passé ou au futur, à se lamenter ou à me créer des problèmes. Plus je suis présente, moins mon esprit me crée d’ennuis. Youpi.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis plus une émigrée qu’une voyageuse. Le voyage s’est peu à peu transformé en style de vie et pour cela j’ai dû me détacher de l’idée d’avoir un job traditionnel, d’avoir beaucoup d’affaires, d’avoir un « endroit à moi », etc. Mon endroit à moi, c’est Moi. Ce que j’ai de plus important, c’est Moi. Découvrir cela m’a permit de faire de grandes avancées dans mon développement personnel et c’est le voyage qui a proportionné ces prises de conscience. En m’octroyant le droit de choisir l’environnement qui m’est le plus favorable et un rythme de vie qui me convient, je m’octroie les conditions nécessaires à mon épanouissement spirituel.


Outre ces aspects inhérents au fait de partir de chez soi,  je me suis lancée certains défis qui ont également amené dans ma vie leur lot d’enseignements et de remises en question.

Le minimalisme en voyage :

Le minimalisme, c’est vivre avec moins, repenser sa relation à la consommation, penser aux conséquences de nos actes d’achat, se libérer du matériel, créer de l’espace à l’Être plutôt qu’à l’avoir … Le minimalisme en voyage c’est se faciliter la vie, se challenger au quotidien, se faire un peu plus invisible que les backpackers au sac à dos gigantesque.

Pour mon premier déménagement, à Lyon, j’ai rempli deux voitures de valises et cartons. Au moment de faire ma valise de 34kg pour l’Uruguay, je pensais ne jamais y arriver et ne jamais survivre 6 mois avec si peu. En Inde, je ne supportais plus mes 27kg d’affaires et en est laissé plus de la moitié chez des couchsurfers avant de partir voyager léger. Pour mon dernier départ, au Brésil, je suis partie avec 11kg.

1 an et quelques mois après j’ai gagné beaucoup de choses mais je continue régulièrement à me débarrasser de vêtements et d’objets pour ne garder que le minimum. A noter que d’après mon expérience, plus on reste longtemps à un endroit, plus la tendance à accumuler revient. Néanmoins, je garde en tête l’idée que je ne transporte que ce dont j’ai besoin au quotidien et que je me débrouille auprès des personnes que je rencontre pour me faire prêter ce dont je n’ai besoin que ponctuellement.

Le style de voyage :

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Le mot le plus simple a utiliser pour que vous compreniez mon style de voyage est probablement « hippie ». Petit sac à dos sur le dos, du stop pour me déplacer, Couchsurfing ou Workaway pour me loger et rencontrer des gens, pas de téléphone portable. Évidemment, ce mode de vie mène à beaucoup de rencontres et de découvertes sur moi et les autres très profondes puisqu’il implique de faire confiance, de dépendre des autres, d’aider, de se mettre parfois en difficulté …

Bonus :

La langue

Apprendre une nouvelle langue ouvre un champ d’expérimentation immense et libère de bons nombres d’habitudes parfois négatives comme le fait d’utiliser des gros mots de manière un peu trop régulière (c’est faux, ce n’est pas du tout mon cas!). Apprendre une autre langue c’est aussi ouvrir son esprit à un nouveau monde, avoir accès à de nouvelles sources d’information, travailler sa mémoire, se challenger … Apprendre des langues me permet aussi de gagner de l’argent en donnant des cours et en travaillant comme traductrice, au passage.

La débrouillardise

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Quand on voyage en sac à dos, le quotidien nous oblige aussi à devenir plus débrouillard. Trouver son chemin, prendre le bon bus, réserver une auberge ou trouver quelqu’un pour m’héberger, trouver les endroits les plus accessibles pour déjeuner, savoir qui va pouvoir m’aider à trouver mon chemin … Avant de vivre en Uruguay, je ne savais pas lire un plan ou me retrouver dans le métro parisien … Aujourd’hui je n’ai souvent même pas parfois de Google maps pour me retrouver.

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à grandir et à vous détacher de vos mauvaises habitudes ? Qu’est-ce qui vous fait mettre le doigt sur ce qu’il y a au fond de vous que vous voulez changer ? ❤

La campagne : ennui ou paradis ?

Voilà, maintenant il n’y a plus de secret, vous savez où je vis. Campagne, nature, palmiers et bananiers, je vous ai planté le décor. Mais vous ne savez toujours pas ce que je fais ici, et c’est probablement ce qui vous intéresse le plus, je me trompe ?
Que ce soit avec des français ou des brésiliens, la question de l’ennui est souvent revenue quand je mentionne le fait que je vis à la campagne. Pourtant j’ai réalisé que je ne me suis jamais autant ennuyée que quand je vivais en ville : à l’école, en stage, en école de commerce, dans les transports et même souvent chez moi devant l’ordinateur … Je m’ennuyais en permanence. Impossible de compter le nombre de fois où j’ai regardé l’heure en espérant que le temps passe plus vite à l’école, à l’université ou en stage. Alors pourquoi la plupart des gens, moi y compris avant de le vivre, pensent qu’à la campagne on s’ennuie nécessairement ?

 

J’ai quelques idées sur la question mais je sais surtout par expérience que c’est grâce à mes voyages, notamment en solitaire, que j’ai commencé à apprécier ma compagnie et à découvrir ce que j’aime faire, en dehors de passer mon temps sur l’ordinateur. Deux expériences m’ont particulièrement marquées à ce propos : un volontariat dans une ferme très éloignée de la civilisation sans Internet, télévision ou livres dans une langue que je parlais, et tous les déjeuners et diners que j’ai passé seule en Inde. Dans le premier cas, j’ai été mise face à ma réalité : sans technologie, je ne savais plus quoi faire, et j’ai réellement senti un grand désespoir m’envahir pendant plusieurs jours, avant de réussir à me calmer. Dans le deuxième cas, j’ai enfin pu commencer à apprécier de passer du temps seule à table pour observer mon environnement, les gens mais aussi simplement lire ou écrire. Quelque chose que je n’arrivais pas à faire auparavant.

 

Ma transition vers la vie à la campagne s’est donc faite petit à petit. Il m’a fallu apprendre à découvrir mes intérêts, apprendre à valoriser le temps passé avec d’autres êtres humains, apprendre à valoriser les petits moments insignifiants de la vie, etc.
Après cette petite introduction, voici pour les curieux mon emploi du temps de ces 8 ou 9 derniers mois.

Le matin, un moment sacré :

En ayurvéda, on considère que la journée se fait à l’image des premières heures de la matinée. D’où l’importance de créer des rituels sains, positifs, énergisants voire spirituels dès le matin. Je consacre donc les deux premières heures de la matinée à prendre soin de mon corps et de mon esprit, ce qui inclut : hygiène du corps, organisation de mon espace de vie (rangement, nettoyage), rituels de pleine conscience (écriture, yoga, méditation, écoute de mantras), petit-déjeuner et organisation de mes objectifs de mes tâches. J’ai récemment téléchargé l’application Fabulous pour m’aider à ne rien oublier. Lorsqu’il fait beau, je vais ensuite à la rivière où je prends un bain et médite un peu.
J’ai créé ma routine grâce aux thérapeutes qui ont croisé mon chemin, à mes lectures sur l’ayurvéda mais aussi grâce aux morning routine « healthy, vegan, yoga, hippie » (ironie) disponibles sur YT et souvent très inspirantes : 9 Ayurveda Wellness Habits to Try.

Mes rendez-vous de la semaine:

Le marché du producteur local d’Alto Paraiso. On y trouve beaucoup de fruits et légumes bio, des en-cas vegan et / ou gluten free mais aussi de l’art, des choses faites mains, des braderies de vêtements … C’est le lieu de rencontre des habitants de la région donc on socialise, on partage un repas, on écoute les musiciens jouer …

 

 

Mercredi soir, samedi soir et dimanche matin, un rendez-vous récent et un peu spécial pour la culture française en particulier. Depuis quelques mois je me forme comme médium au temple du Vale do Amanhecer. Il s’agit d’une doctrine qui utilise la médiumnité dans le but de favoriser l’évolution spirituelle de ces membres, au travers de la réalisation d’un travail caritatif auprès de nos so called patients.
 

 

Samedi matin : formation de thérapie de rebirthing. Quatre heures destinées à la fois à recevoir différentes thérapies et en particulier à faire des sessions de rebirthing, mais également à me former comme future thérapeute. Une envie présente en moi depuis longtemps mais que je n’avais jusqu’à présent pas eu le courage de réaliser.
 

 

Et le reste du temps ?

Suivant les périodes, j’ai parfois eu beaucoup de temps à moi et en ai profité pour étudier, lire et écrire. J’ai suivi un cours d’ayurvéda et un cours de communication non violente en plus de toutes les lectures, films et audios auxquels j’ai pu dédier du temps. J’ai suivi le programme du livre Le chemin de l’artiste  de Julia Cameron qui propose pendant 12 semaines des exercices pour se reconnecter avec sa créativité. Ces moments ont été très enrichissant et je suis particulièrement fière d’avoir enfin réussi à valoriser ce temps passée seule et d’avoir su le mettre à profit pour mon bien-être.

 

Néanmoins c’est aux relations  interpersonnelles que j’ai consacré le plus de temps, que ce soit avec les personnes qui vivent avec moi ou près de moi. Ici, les connexions se font facilement notamment lorsqu’on fait du stop ou qu’on va au marché. Je me suis fait rapidement beaucoup d’amis et j’apprécie de passer du temps à le dédier du temps. Aujourd’hui par exemple, je suis sortie faire un tour dans le village à 10 heures et ne suis rentrée qu’à 16 heures car j’ai visité plusieurs amis.

 

Dans l’article précédent, je vous parlais également de Rasa, Adair et Helton. Qui sont-ils ? Rasa est une américaine d’une cinquantaine d’année. Il y a 4 ans, son chemin a croisé celui d’Adair, brésilien de 20 ans qui a souffert d’un AVC et est aujourd’hui schizophrène et épileptique. Elle a décidé de l’adopter et de l’aider dans son chemin vers la guérison en privilégiant des méthodes alternatives : homéopathie, magnétisme, shamanisme, spiritisme, et surtout beaucoup beaucoup d’amour et de temps.

 

Tous les 4 nous sommes rencontrés dans une communauté au mois de septembre. Helton a toujours eu un don pour calmer Adair en cas de crise, et moi j’ai apporté à Rasa le soutien organisationnel mais surtout émotionnel dont elle avait besoin au quotidien. Elle a en effet passé les 4 dernières années pratiquement seule (elle ne parle pas portugais) à s’occuper d’Adair et j’ai été la première personne avec qui elle a créé une relation amicale et de soutien pendant tout ce temps. Lorsqu’elle nous a donc demandé de la suivre dans ce projet nous avons tous les deux acceptés. De manière irrégulière et imprévisible, c’est cette « activité » qui m’a demandé le plus de temps et d’énergie.

 

C’est d’ailleurs dans ce cadre que je devais partir la semaine pour Rio Branco, en Amazonie. Adair ayant besoin d’un cadre plus strict pour l’aider dans sa guérison, Rasa a choisi de l’interner dans une ONG qui se présente comme un centre de réhabilitation pour personnes addicts à l’alcool et aux drogues qui travaille avec la ligne du shamanisme. Rasa, Adair et Helton sont là-bas depuis trois semaines mais ça ne se passe pas si bien que prévu donc ils partent la semaine prochaine pour un autre centre de la même ONG, à Espirito Santo.

 

Ainsi donc je vais finalement rester ici. J’apprends à être flexible, à me calmer et à attendre de comprendre la situation avec plus de recul avant de prendre des décisions. En cette ère de profondes et rapides transformations, le détachement et la flexibilité sont des aptitudes qu’il est bon de travailler face à n’importe quelle situation.

 

Voilà, j’espère vous avoir convaincu qu’on peut vivre à la campagne et ne pas s’ennuyer une seconde. C’est surtout une question de la manière dont chacun voit la vie. Parce que le bonheur ne réside pas dans l’action incessante mais dans la présence permanente …

 

Sur ce j’aimerais savoir ce que vous aimez faire quand il n’y a « rien à faire » ? Autre qu’être sur les écrans. Je suis curieuse et ça pourrait me donner des idées !
A bientôt,
Sarah.

 

4 mois dans un quilombo brésilien

Nouvelle étape dans ma vie dans la Chapada, et je dois bien avouer : ma préférée ! Moinho m’a enchantée au point de ne plus vouloir en partir. Je vais essayer de partager ici un peu de l’amour que je ressens pour cet endroit.
Moinho est un village quilombola de 300 habitants situé à 12 km d’Alto Paraiso, toujours dans la Chapada dos Veadeiros. J’y ai déménagé le 10 janvier avec Rasa (américaine de 55 ans), Adair (brésilien / polonais de 20 ans) et Helton (brésilien de 35 ans). Un quilombo est un ancien village d’esclaves. La population y est généralement majoritairement noire, pauvre et encore aujourd’hui peu éduquée. Moinho est un village de paysans et de guérisseurs (raizeros), longtemps isolé du fait de l’absence de route rejoignant la ville, d’où un fort taux de mariage consanguins. Encore aujourd’hui, il faut compter 40 minutes de route de terre pour aller faire ses courses.

 

Contrairement à d’autres parties du cerrado (type de végétation caractéristique de la Chapada), la végétation est dense et verdoyante, ce qui permet de planter beaucoup d’aliments et de plantes médicinales. Chez moi poussent du manioc, du curcuma, des pommes de terre, des bananes, des avocats, des haricots, des ananas et des cannes à sucre. Avec les habitants, j’ai appris à planter et à travailler certaines plantes. J’ai fait du jus de canne à sucre et de la farine de mandioc, mais ils font aussi de la rapadura, des confitures, des conserves, des huiles et des remèdes …

 

 

 

MON avocatier =)
 
Aujourd’hui je valorise encore plus la proximité de mes aliments puisque ici la majorité de mes fruits et légumes venaient de champs à proximité, le plus souvent bio. Les plantations sont petites et servent simplement à nourrir les villageois et à rapporter un peu d’argent supplémentaire aux paysans. 
Une autre caractéristique de Moinho est la proximité et l’entraide entre les habitants. La plupart des maisons sont regroupées dans le centre qui compte deux rues parallèles et deux rues transversales. La moitié de la population fait partie de l’église évangélique (considéré comme un catholicisme hard core) donc se réunit deux à trois fois par jour pour le culte. Les gens sont très proches et s’aident en permanence en s’offrant des repas, partageant leurs outils, s’invitant les uns chez les autres, prenant les gens en stop, etc.

 

Notre maison, qu'on a repeinte
 
 Ma maison, ci-dessus, que je partageais avec Helton, était située dans la rue principale. Contrairement à la France où on a plutôt l’habitude d’être très silencieux et dérangés par le bruit, ici les gens communiquent d’une maison à l’autre en criant, mettent la musique extrêmement forte, crient dans la rue dès le matin, ne s’occupe pas de dresser les chiens pour qu’ils n’aboient pas … J’ai mis au moins deux mois à m’habituer à tout ce bruit puis j’ai commencé à connaitre les gens. Leur bonne humeur et leur hospitalité m’ont tellement touchées, ils m’ont tellement fait sentir que je faisais partie de cet endroit, de cette grande famille que le reste est devenu un détail sans grande importance. Je ne suis pas partie qu’ils me manquent déjà …

 

Chaque journée passée ici a eu l’effet d’une thérapie profonde. J’ai nourri mon corps et mon esprit en passant mes après-midi à la rivière, en buvant une eau de source pure, en mangeant des aliments frais et naturels, en passant beaucoup de temps à discuter avec des personnes qui m’ont accueillies telles que je suis malgré nos différences. La déconnexion avec le monde virtuel m’a permis d’octroyer plus de temps à la lecture, à l’écriture, à la prière, au yoga, à la cuisine … Les jours sont passés tellement vite, et je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer …

 

J’espère revenir très vite dans ce petit paradis ❤ Gratitude immense pour ces quelques mois. Et vous, quel est votre endroit préféré au monde ?

La magie de São Jorge

18 avril 2017 : arrivée à destination, Chapada dos Veadeiros, Goias, Brésil.

 

Dans les articles qui suivent, vous entendrez parler d’Alto Paraiso, de Sao Jorge et de Moinho. Pour faire simple, Alto Paraiso est la ville principale de la Chapada. Elle contient environ 7000 habitants, beaucoup d’étrangers et a la particularité d’être très ésotérique. On y trouve un marché bio, beaucoup de magasins chics et de restaurants sympas. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y va, dépenser de l’argent en gros !
Je n’ai jamais eu envie d’habiter à Alto. Trop grand, trop bruyant, trop désorganisé. C’est pour ça que j’ai d’abord vécu à Sao Jorge, avant de déménager plus tard à Moinho.

 

 

Très peu visitée par les touristes étrangers (appelés « gringos »), Sao Jorge vit du tourisme brésilien grâce au parc national de la Chapada où se trouvent plusieurs cascades, d’innombrables points d’eau, des paysages à couper le souffle et de nombreuses randonnées à explorer. Ne connaissant rien de cet endroit magique, j’y suis arrivée à reculons, n’imaginant pas une seule seconde que j’allais rester si longtemps et en tomber amoureuse.

 

Ma vie depuis 4 mois me semble hors du temps, loin de tout ce que j’ai connu jusqu’ici, et de tout ce que j’aurai pu imaginer vivre au cours de ce voyage.
Sao Jorge est probablement la raison pour laquelle j’ai un jour pris la décision de revenir au Brésil. Je suis revenue ici pour connaître cet endroit, même si je ne le savais pas avant d’y mettre les pieds. Chaque journée passée ici me rapproche un peu plus de ma vraie nature, me fait découvrir de nouvelles facettes de mon chemin et de mon vrai Moi, et m’oblige à croire un peu plus à chaque seconde en la beauté de la vie.
Sao Jorge m’a infiniment rapprochée de ma nature de femme sauvage. La nature est omniprésente et la vie très simple. Je vis dans une tente depuis mon arrivée, ce qui me permet d’être connectée au cycle du soleil, d’être réveillée par les oiseaux et par le vent qui souffle, et d’être consciente de chaque changement d’atmosphère. J’ai toujours aimé pouvoir regarder les arbres par la fenêtre au réveil. Aujourd’hui, ce plaisir est d’autant plus jouissif que je vis sous l’arbre en question.

 

Je vis dans la Chapada dos Veadeiros, lieu à la nature magique, ce qui me permet de passer des après-midis entiers près de la rivière ou au pied des cascades. La marche est pour moi une thérapie en soi. Lorsque je suis perdue, énervée, fatiguée ou préoccupée, marcher me permet d’évacuer mes émotions, de réfléchir mais surtout de me recentrer sur l’essentiel : le moment présent. La douleur physique du soleil sur mes épaules, de mes pieds nus qui foulent les graviers ou les pierres chaudes, le choc au moment d’entrer dans l’eau gelée de la cascade, tout me ramène impérativement à l’ici et maintenant et me tire de mes pensées négatives ou de mes fantasmes sur le futur.

 

Chaque fois que l’occasion se présente, je passe quelques minutes sous une cascade. Et après avoir demandé à notre Terre mère et à ses eaux de m’aider à me débarrasser de ce dont je n’ai plus besoin, des pensées et des émotions qui m’encombrent, je la laisse faire son travail et m’abandonne à elle. L’eau, le feu, le vent et la terre guérissent. Et ici, je suis particulièrement consciente des éléments qui forment tout ce qui nous entoure, jusqu’à mon propre corps.

 

En juillet, c’est l’hiver à Sao Jorge. Tout le monde allume alors un feu devant sa maison et les gens se retrouvent autour pour se réchauffer et pour méditer, les yeux perdus dans les flammes. Le feu guérit. Sao Jorge m’aide à me connecter aux choses simples de la vie et à voir la vie de manière positive. Je n’aurais jamais pensé pouvoir ressentir autant de plaisir et de bonheur à sentir le vent autour de moi, réchauffer mon corps et porter à moi des odeurs de fleurs ou de pierres. Je n’aurais jamais pensé que l’odeur des pierres chaudes mouillées puisse être aussi agréable. Je n’aurais jamais pensé que j’éprouverais un jour l’envie de créer un altar avec des feuilles mortes, des pierres et des branches, ni que cela me ferait autant de bien.

 

 
Sao Jorge me connecte au moment présent parce que ses habitants mènent une vie simple, connectée aux personnes qui vivent autour d’eux. Pas une journée ne se passe sans qu’on ne s’arrête pour discuter avec un voisin. Aller au supermarché ou au potager local est un acte social qui permet de construire une vie de quartier. Le week-end, tout le monde se retrouve au marché d’Alto Paraiso, pas vraiment pour faire des courses mais plutôt pour se voir, discuter un moment en échangeant un bout de gâteau contre une gorgée d’eau de coco.
 
La confiance en l’être humain, si rare au Brésil, est très présente ici. On se rend service alors qu’on se connait à peine, et généralement on ne le regrette pas. Le partage est une autre valeur forte de Sao Jorge et du Brésil en général. Les Brésiliens prévoient toujours large quand ils cuisinent pour pouvoir offrir une assiette à un ami qui passerait par là au moment du repas.

 

Ma maison sous les arbres

 

En écrivant ces lignes je réalise un peu plus la chance que j’ai de vivre ici et cela me renforce dans mon idée d’y revenir bientôt.

Méditation Vipassana : 110 heures de méditation en 10 jours

Mon bilan après 10 jours de méditation, de silence, de déconnexion et d’introspection.

J’ai réalisé ma retraite en janvier 2017, deux semaines à peine après mon inscription. Jusqu’à quelques jours avant, je l’avais laissé dans un coin de ma tête, probablement par peur de me décourager. Ce qui me faisait le plus peur, c’était simplement de m’ennuyer. Effectivement, une retraite de méditation Vipassana est plutôt limitée en activités. Les retraites Vipassana n’autorisent les participant qu’à dormir, manger (deux repas par jour) et marcher (ou plutôt se dégourdir les jambes car la surface de promenade est assez réduite), en plus de la méditation, 11 heures par jour.
Chaque jour, le programme est le même : on commence à 4h du matin et on termine à 22h.

Théorie :

Les trois premiers jours, on pratique une méthode d’observation de la respiration, anapana sati, qui prépare à la technique de méditation Vipassana.
Chaque période de méditation est guidée par des audios et un professeur à qui on peut poser nos questions. Chaque soir, on écoute un discours de S.N. Goenka, Birman d’origine indienne qui enseigna cette technique de 1969 à sa mort en 2013 . Ces derniers ont été pour moi l’un des moments les plus forts cette retraite, qui m’a chamboulée à deux niveaux : physique d’abord et intellectuel ensuite. Grâce à ces discours, j’ai compris le pouvoir libérateur de la méditation, et c’est ce qui fait que je la considère désormais comme l’un de mes outils d’accès au bonheur. Et cela je l’ai probablement plus compris intellectuellement que ressenti physiquement. Pour le moment.

 

Vipassana est la méthode enseignée par le Bouddha (le libéré) pour aider chacun de nous la voie de la libération, dhamma.  Lui aussi a enseigné cette méthode jusqu’à sa mort, soit pendant 45 ans. Si son enseignement, et celui de Goenka, a touché tellement de personnes, c’est notamment parce qu’il est non-sectaire : des personnes de toute origine, caste ou religion se sont illuminés grâce à lui.

 

Ce que Bouddha a découvert, c’est le lien entre nos sensations et les objets extérieurs. Jusqu’ici, on avait compris que nos sens réagissent aux objets extérieurs (ex : une fleur qui sent bon fait réagir mon sens de l’odorat). Et Bouddha a montré que ce n’est pas l’objet en lui-même que l’on recherche, mais la sensation qu’il nous procure. Peu importe que ce soit une fleur ou une pince à linge qui sente bon, ce qu’on recherche c’est la sensation que nous procure cette odeur. De même, ce n’est pas un objet que l’on va rejeter, par exemple du pain moisi ou un aliment pourri, mais la sensation désagréable qu’ils procurent (par exemple quand on mange ce pain ou cet aliment).

 

Sankara est  la partie de notre esprit qui réagit aux sensations.
Le malheur des hommes ne viendrait donc pas du fait qu’on soit en permanence à la recherche d’objets plaisants et dans le rejet d’objets déplaisants, mais du fait qu’on soit en permanence dans la recherche de sensations plaisantes et dans le rejet de sensations déplaisantes. La méditation Vipassana cherche à nous apprendre à observer ces sensations, plaisantes ou déplaisantes, et à ne pas nous y attacher. Pourquoi s’attacher à quelque chose qui est, par définition, impermanent (anicca).

 

On nous dit ainsi qu’en arrêtant de s’attacher à nos sensations, on arrête de produire de nouveaux sankara mais surtout qu’on se débarrasse automatiquement de nos anciens sankara ! Petit à petit, on se libère l’esprit de nos attachements passés.

 

Pour cela, on utilise la pleine conscience et l’impartialité face à nos sensations. Une sensation plaisante comme douloureuse ne doit être qu’observée, impartialement, et non pas désirée ou rejetée. Par ce simple exercice d’observation, on purifie notre esprit et on apprend à le dominer, ce qui représente deux des trois piliers de l’enseignement de Bouddha.
Le dernier pilier est le respect des shilas, règles de morale, qui permettent à la fois de s’éloigner d’émotions et de sensations négatives mais aussi d’éviter des actions qui font du mal à autrui. Les cinq shilas sont :
  • De ne pas tuer
  • De ne pas mentir
  • De ne pas voler
  • De ne pas avoir de comportement sexuel déplacé
  • De ne pas ingérer d’intoxicant (tabac, alcool, drogue)

Pratique :

 

Me retrouver seule avec moi-même dans le silence de ce lieu chargé en énergies positives m’a fait un bien énorme. Cela m’a permis de faire le point à plein de niveaux sur ma vie, de faire une pause dans ce voyage tumultueux, de penser à moi et d’apprendre à mieux gérer mes émotions. Me voir offrir le cadeau d’un outil aussi puissant que le dhamma a été libérateur pour moi. Beaucoup de personnes considèrent la méditation Vipassana comme l’une des expériences les plus difficiles de leur vie, que ce soit à cause du manque de sommeil, de nourriture, du voeu de silence ou du fait de devoir rester assis aussi longtemps. Pour moi, rester assise a plusieurs fois été frustrant, notamment quand il s’agissait de rester complètement immobile. J’avais envie de sortir, de bouger, de regarder les fleurs, les bestioles, le ciel et de laisser aller mes pensées sans avoir à penser à ma respiration ou à mes sensations. J’ai aussi plusieurs fois trouvé les heures longues… Logique. Mais je ne décrirai pour autant pas cette expérience comme extrêmement difficile, peut-être justement parce que c’était ce que je recherchais.

Bilan :

Si je n’arrive pas encore à pratiquer régulièrement la méditation Vipassana, malgré les bénéfices que cela m’a apporté, c’est d’une part car c’est une discipline difficile à s’imposer (Goenka conseille de pratiquer deux heures par jour) mais aussi parce qu’avec le temps, j’ai perdu cette capacité à sentir mes sensations les plus subtiles. Le fait d’être en groupe et d’avoir cette structure qui impose une discipline m’a aussi grandement aidée à ce que je me lève à 4h du matin tous les jours et à ce que je reste assise sur mon coussin plutôt que d’aller me promener dans le jardin.
La pression sociale marche plutôt bien sur moi, je crois.

 

Aujourd’hui, je me contente donc de la technique d’anapana, que j’utilise pratiquement tous les jours et qui consiste à observer sa respiration, ainsi que de la méditation active (méditer en marchant), ce qui me permet déjà d’être plus présente au quotidien. Je poursuis mes lectures sur la méditation et le développement personnel et j’en apprends chaque jour un peu plus sur les outils qui permettent de guérir les traumas du passé et de devenir un adulte équilibré et heureux.

 

Dites-moi si ça vous a donné envie de vous engager dans cette folle aventure, ou si vous utilisé d’autres méthodes de pleine conscience !
Namastê.