Changer de l’intérieur

Au cours des quatre années j’ai remis en question à peu près tout ce que j’avais appris jusqu’ici. Ma vie aussi bien au niveau matériel que spirituel est totalement différente de ce qu’elle était avant ma première sortie de France.

Remettre en question le schéma du bonheur classique et adapter ma vie en fonction de mes nouvelles convictions a été un processus long qui m’a beaucoup enseigné sur moi-même et sur le monde.

Se demander quelles sont nos valeurs.

Comme l’explique délicatement et subtilement cette vidéo, mes valeurs c’est mon identité. Sauf qu’on nous le dit pas toujours et qu’on ne nous incite pas très souvent à réfléchir à ce qui nous importe le plus. Travail, famille, justice, courage, liberté, égalité, ambition, pouvoir ?

En m’intéressant à mes valeurs et en les classant selon une hiérarchie qui m’est propre, j’ai pu constater que mes actions n’étaient pas toujours en accord avec ce qui m’importait le plus, théoriquement.

Par exemple, l’une de mes plus fortes valeurs est la justice. Comment alors participer à l’assassinat de milliards d’êtres vivants innocents simplement parce que je ne connais pas d’alternative ou parce que cela me donne du plaisir ? Cela m’est devenu de plus en plus difficile une fois que j’ai eu mis le doigt dessus.

Voilà pourquoi pour moi, se demander quelles sont nos valeurs et ce qu’on peut faire au quotidien pour les respecter est un puissant levier de changement.

Choisir nos sources d’informations et de divertissement

Les valeurs promues par la société, les médias et la politique ne sont pas nécessairement celles auxquelles chacun d’entre nous s’identifie. Vous vous êtes déjà demandé quelles sont les valeurs que les séries américaines promeuvent par exemple ? Glamourisation de la cigarette, de l’alcool et de la drogue, approbation de comportements machistes comme de tromper sa femme, glamourisation des potins, de la jalousie, de l’envie … Pourquoi encourager ce genre de contenu générateur de souffrances  ?

Il est clair que les médias sont utilisés pour nous manipuler et nous induire à nous comporter comme un troupeau de mouton et à ne rien remettre en question. Les journaux télévisés utilisent surtout la peur pour nous inciter à conserver des comportements individualistes, racistes, etc.

Pour ce qui est de l’information, le plus grand piège dans lequel on tombe est de ne pas vérifier QUI paye pour qu’une étude soit publiée. Celles qui font la promotion des bienfaits des produits laitiers ou de la viande sont généralement financées par ces mêmes industries, sauf qu’on ne le sait pas toujours, ou qu’on ne fait pas le rapprochement avec le biais présent dans les résultats. Internet regorge aujourd’hui de sources d’informations bien plus fiables que la télévision et pour lesquelles il est facile de vérifier les sources de financement.

L’une des premières vidéos qui m’avait fait prendre conscience de cela :

Ce qui m’a fait sauter le pas

En me rendant compte que la vie qu’on avait prévu pour moi (université, boulot, mariage, enfants, chien, maison) ne me faisait absolument pas envie, je suis d’abord entrée dans une phase de déprime, avant de recevoir suffisamment d’informations pour me rendre compte qu’il existait d’autres manières de vivre sa vie. La peur de l’inconnue était alors forte, mais beaucoup moins forte que le rejet total du schéma qui se présentait à moi.

Rencontrer et côtoyer des personnes qui ont réussi à sortir du système et à vivre autrement que selon le schéma classique m’a beaucoup inspirée et motivée à me créer mon propre chemin hors des sentiers battus.

L’argent ne vous rendra pas heureux, et plus d’argent non plus

S’il y a bien une chose dont on peut être sûr c’est que les possessions matérielles, les voyages à l’étranger et les sorties ciné ou shopping ne sont pas ce que notre âme est venue chercher dans cette incarnation sur Terre. Pourquoi est-ce que je parle soudain d’âme, plutôt que de dire simplement : l’argent ne rend pas heureux ? Parce que je pense que nos corps physique et mental peuvent éventuellement se satisfaire d’une vie de plaisirs physiques (manger, boire, dormir, avoir des relations sexuelles) mais que c’est bien parce qu’on n’est pas que ça, qu’il arrive un moment où cela ne nous satisfait plus. C’est bien parce qu’il y a en nous une partie spirituelle, une âme et un esprit, que l’on n’arrivera jamais à être heureux dans le système capitaliste qui nous pousse à vouloir toujours plus. Désir, plaisir … souffrance est le cycle infini qu’on vit tous jusqu’au jour où on commence à s’éveiller spirituellement.

Éveil spirituel ?

Six mois en Inde et un an et demi au Brésil m’ont fait comprendre que nous ne sommes pas qu’un corps physique destiné à mourir et disparaître après une petite centaine d’années. Dans ma conception actuelle, seul notre corps physique meurt alors que notre âme ne fait que changer d’enveloppe corporelle. Selon les karmas accumulés ou payés au cours de cette vie, on se réincarne en minéral, plante, animal ou être humain.

D’après mes informations, notre incarnation sur Terre en tant qu’être humain est une opportunité d’une grande rareté qui nous est donnée pour opérer un saut spirituel. Seul l’être humain a la capacité d’évoluer spirituellement, ce qui prouve bien que nous ne sommes pas ici uniquement pour satisfaire nos désirs et courir après le plaisir. Nous avons un objectif bien plus profond et spirituel : nous reconnecter avec notre essence, nous reconnecter à la Pleine Conscience, à l’Amour Inconditionnel que nous sommes de nature.

Que ce soit le bouddhisme, l’hindouisme ou le spiritisme, tous concordent à dire que tant que nous n’aurons pas réussi à nous reconnecter avec l’Univers, avec la Source, nous devrons revenir sur Terre, planète inférieure de souffrances, de mort, de vieillesse, de maladies. Ce cycle de naissance et mort est appelé samsara.

En quête de connexion

L’écriture de cet article me mène à la conclusion suivante : le fait que je choisisse de plus en plus de vivre dans des endroits reculés et entourés de nature facilite ce travail de reconnexion. Bien plus que les immeubles et le béton, la nature m’aide à mieux me comprendre et à sentir de plus en plus que je ne fais qu’un avec l’Univers. Mon environnement devient une thérapie, une méditation, un rappel constant de ma nature infinie et paradoxalement de mon infinie petitesse.

 

Grandir en voyageant – comment ?

Il est clair que je ne suis plus la même personne qu’avant mon premier voyage en Uruguay. Tous mes voyages m’ont fait grandir probablement plus rapidement que si j’étais restée en France, car grâce à elles je me suis ouvert les portes de mon vrai Moi. Comment ?

  1. Sortir de ma zone de confort

Voyager c’est choisir de se challenger, choisir de sortir du confort de notre environnement connu, d’une langue parlée, de la proximité de visages connus, etc. Dans notre ville, on n’est pas quotidiennement poussé dans nos retranchements car on a entre nos mains les outils nécessaires pour la manœuvrer de la manière la plus aisée possible.

En voyageant, on choisi de sortir de ce confort, de se délocaliser dans un environnement inconnu et différent. On devient vulnérable. Et c’est cette vulnérabilité qui nous pousse à entrer plus en contacts avec l’Autre. C’est en voyageant que j’ai changé mon point de vue sur l’Homme, que j’ai constaté que sa générosité et son envie d’aider souvent cachée par la peur. Peur d’être volé, violenté, trompé, abusé … C’est en voyageant que j’ai appris à écouter mon intuition, notamment quand je fais du stop.

En voyage, je suis en permanence en contact avec l’Autre : demander de l’aide (stop, chemin, repas, hébergement), faire de nouvelles rencontres, aider (volontariat) … Et ce contact m’a énormément appris sur moi-même en me faisant travailler la timidité, la peur du refus, la peur du rejet, la peur de passer pour une mendiante ou une idiote … Par exemple =)

2. S’éloigner des préjugés

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Mais l’Autre, qu’on rencontre en voyage, n’est pas le même Autre que celui qu’on a à la maison et qui nous connait trop bien pour nous laisser expérimenter des choses trop loin de ce qu’ils pensent qu’on est (vous me suivez ? ). Notre famille et nos amis ont des préjugés sur qui nous sommes, et en se basant sur ces préjugés, ils se donnent parfois le droit d’anticiper ou de juger nos comportements sur des bases peu saines et peu propices aux changements. En s’éloignant des personnes qui nous connaissent, on se crée un terrain de jeu infini, une zone d’expérimentation complètement libre et excitante. Je peux être qui je veux, je peux changer ma manière de réagir, je peux changer ma manière d’interagir, je peux me redéfinir. Over and over again.

3. Être présent

Le voyage implique également une plus grande dose de présence. Comme rien ne nous est familier, il nous faut prêter attention à beaucoup plus de choses que dans notre quotidien. Transports, restaurants, logement, culture, langue, exigences vestimentaires, réaction des autres sur notre passage … Tout à l’étranger peut devenir un défi, et ces défis requièrent de l’attention. En étant ancrée dans le présent, je ne laisse pas le temps à mon esprit de s’aventurer à penser au passé ou au futur, à se lamenter ou à me créer des problèmes. Plus je suis présente, moins mon esprit me crée d’ennuis. Youpi.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis plus une émigrée qu’une voyageuse. Le voyage s’est peu à peu transformé en style de vie et pour cela j’ai dû me détacher de l’idée d’avoir un job traditionnel, d’avoir beaucoup d’affaires, d’avoir un « endroit à moi », etc. Mon endroit à moi, c’est Moi. Ce que j’ai de plus important, c’est Moi. Découvrir cela m’a permit de faire de grandes avancées dans mon développement personnel et c’est le voyage qui a proportionné ces prises de conscience. En m’octroyant le droit de choisir l’environnement qui m’est le plus favorable et un rythme de vie qui me convient, je m’octroie les conditions nécessaires à mon épanouissement spirituel.


Outre ces aspects inhérents au fait de partir de chez soi,  je me suis lancée certains défis qui ont également amené dans ma vie leur lot d’enseignements et de remises en question.

Le minimalisme en voyage :

Le minimalisme, c’est vivre avec moins, repenser sa relation à la consommation, penser aux conséquences de nos actes d’achat, se libérer du matériel, créer de l’espace à l’Être plutôt qu’à l’avoir … Le minimalisme en voyage c’est se faciliter la vie, se challenger au quotidien, se faire un peu plus invisible que les backpackers au sac à dos gigantesque.

Pour mon premier déménagement, à Lyon, j’ai rempli deux voitures de valises et cartons. Au moment de faire ma valise de 34kg pour l’Uruguay, je pensais ne jamais y arriver et ne jamais survivre 6 mois avec si peu. En Inde, je ne supportais plus mes 27kg d’affaires et en est laissé plus de la moitié chez des couchsurfers avant de partir voyager léger. Pour mon dernier départ, au Brésil, je suis partie avec 11kg.

1 an et quelques mois après j’ai gagné beaucoup de choses mais je continue régulièrement à me débarrasser de vêtements et d’objets pour ne garder que le minimum. A noter que d’après mon expérience, plus on reste longtemps à un endroit, plus la tendance à accumuler revient. Néanmoins, je garde en tête l’idée que je ne transporte que ce dont j’ai besoin au quotidien et que je me débrouille auprès des personnes que je rencontre pour me faire prêter ce dont je n’ai besoin que ponctuellement.

Le style de voyage :

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Le mot le plus simple a utiliser pour que vous compreniez mon style de voyage est probablement « hippie ». Petit sac à dos sur le dos, du stop pour me déplacer, Couchsurfing ou Workaway pour me loger et rencontrer des gens, pas de téléphone portable. Évidemment, ce mode de vie mène à beaucoup de rencontres et de découvertes sur moi et les autres très profondes puisqu’il implique de faire confiance, de dépendre des autres, d’aider, de se mettre parfois en difficulté …

Bonus :

La langue

Apprendre une nouvelle langue ouvre un champ d’expérimentation immense et libère de bons nombres d’habitudes parfois négatives comme le fait d’utiliser des gros mots de manière un peu trop régulière (c’est faux, ce n’est pas du tout mon cas!). Apprendre une autre langue c’est aussi ouvrir son esprit à un nouveau monde, avoir accès à de nouvelles sources d’information, travailler sa mémoire, se challenger … Apprendre des langues me permet aussi de gagner de l’argent en donnant des cours et en travaillant comme traductrice, au passage.

La débrouillardise

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Quand on voyage en sac à dos, le quotidien nous oblige aussi à devenir plus débrouillard. Trouver son chemin, prendre le bon bus, réserver une auberge ou trouver quelqu’un pour m’héberger, trouver les endroits les plus accessibles pour déjeuner, savoir qui va pouvoir m’aider à trouver mon chemin … Avant de vivre en Uruguay, je ne savais pas lire un plan ou me retrouver dans le métro parisien … Aujourd’hui je n’ai souvent même pas parfois de Google maps pour me retrouver.

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à grandir et à vous détacher de vos mauvaises habitudes ? Qu’est-ce qui vous fait mettre le doigt sur ce qu’il y a au fond de vous que vous voulez changer ? ❤

La magie de São Jorge

18 avril 2017 : arrivée à destination, Chapada dos Veadeiros, Goias, Brésil.

 

Dans les articles qui suivent, vous entendrez parler d’Alto Paraiso, de Sao Jorge et de Moinho. Pour faire simple, Alto Paraiso est la ville principale de la Chapada. Elle contient environ 7000 habitants, beaucoup d’étrangers et a la particularité d’être très ésotérique. On y trouve un marché bio, beaucoup de magasins chics et de restaurants sympas. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y va, dépenser de l’argent en gros !
Je n’ai jamais eu envie d’habiter à Alto. Trop grand, trop bruyant, trop désorganisé. C’est pour ça que j’ai d’abord vécu à Sao Jorge, avant de déménager plus tard à Moinho.

 

 

Très peu visitée par les touristes étrangers (appelés « gringos »), Sao Jorge vit du tourisme brésilien grâce au parc national de la Chapada où se trouvent plusieurs cascades, d’innombrables points d’eau, des paysages à couper le souffle et de nombreuses randonnées à explorer. Ne connaissant rien de cet endroit magique, j’y suis arrivée à reculons, n’imaginant pas une seule seconde que j’allais rester si longtemps et en tomber amoureuse.

 

Ma vie depuis 4 mois me semble hors du temps, loin de tout ce que j’ai connu jusqu’ici, et de tout ce que j’aurai pu imaginer vivre au cours de ce voyage.
Sao Jorge est probablement la raison pour laquelle j’ai un jour pris la décision de revenir au Brésil. Je suis revenue ici pour connaître cet endroit, même si je ne le savais pas avant d’y mettre les pieds. Chaque journée passée ici me rapproche un peu plus de ma vraie nature, me fait découvrir de nouvelles facettes de mon chemin et de mon vrai Moi, et m’oblige à croire un peu plus à chaque seconde en la beauté de la vie.
Sao Jorge m’a infiniment rapprochée de ma nature de femme sauvage. La nature est omniprésente et la vie très simple. Je vis dans une tente depuis mon arrivée, ce qui me permet d’être connectée au cycle du soleil, d’être réveillée par les oiseaux et par le vent qui souffle, et d’être consciente de chaque changement d’atmosphère. J’ai toujours aimé pouvoir regarder les arbres par la fenêtre au réveil. Aujourd’hui, ce plaisir est d’autant plus jouissif que je vis sous l’arbre en question.

 

Je vis dans la Chapada dos Veadeiros, lieu à la nature magique, ce qui me permet de passer des après-midis entiers près de la rivière ou au pied des cascades. La marche est pour moi une thérapie en soi. Lorsque je suis perdue, énervée, fatiguée ou préoccupée, marcher me permet d’évacuer mes émotions, de réfléchir mais surtout de me recentrer sur l’essentiel : le moment présent. La douleur physique du soleil sur mes épaules, de mes pieds nus qui foulent les graviers ou les pierres chaudes, le choc au moment d’entrer dans l’eau gelée de la cascade, tout me ramène impérativement à l’ici et maintenant et me tire de mes pensées négatives ou de mes fantasmes sur le futur.

 

Chaque fois que l’occasion se présente, je passe quelques minutes sous une cascade. Et après avoir demandé à notre Terre mère et à ses eaux de m’aider à me débarrasser de ce dont je n’ai plus besoin, des pensées et des émotions qui m’encombrent, je la laisse faire son travail et m’abandonne à elle. L’eau, le feu, le vent et la terre guérissent. Et ici, je suis particulièrement consciente des éléments qui forment tout ce qui nous entoure, jusqu’à mon propre corps.

 

En juillet, c’est l’hiver à Sao Jorge. Tout le monde allume alors un feu devant sa maison et les gens se retrouvent autour pour se réchauffer et pour méditer, les yeux perdus dans les flammes. Le feu guérit. Sao Jorge m’aide à me connecter aux choses simples de la vie et à voir la vie de manière positive. Je n’aurais jamais pensé pouvoir ressentir autant de plaisir et de bonheur à sentir le vent autour de moi, réchauffer mon corps et porter à moi des odeurs de fleurs ou de pierres. Je n’aurais jamais pensé que l’odeur des pierres chaudes mouillées puisse être aussi agréable. Je n’aurais jamais pensé que j’éprouverais un jour l’envie de créer un altar avec des feuilles mortes, des pierres et des branches, ni que cela me ferait autant de bien.

 

 
Sao Jorge me connecte au moment présent parce que ses habitants mènent une vie simple, connectée aux personnes qui vivent autour d’eux. Pas une journée ne se passe sans qu’on ne s’arrête pour discuter avec un voisin. Aller au supermarché ou au potager local est un acte social qui permet de construire une vie de quartier. Le week-end, tout le monde se retrouve au marché d’Alto Paraiso, pas vraiment pour faire des courses mais plutôt pour se voir, discuter un moment en échangeant un bout de gâteau contre une gorgée d’eau de coco.
 
La confiance en l’être humain, si rare au Brésil, est très présente ici. On se rend service alors qu’on se connait à peine, et généralement on ne le regrette pas. Le partage est une autre valeur forte de Sao Jorge et du Brésil en général. Les Brésiliens prévoient toujours large quand ils cuisinent pour pouvoir offrir une assiette à un ami qui passerait par là au moment du repas.

 

Ma maison sous les arbres

 

En écrivant ces lignes je réalise un peu plus la chance que j’ai de vivre ici et cela me renforce dans mon idée d’y revenir bientôt.

Atterrissage tumultueux à Rio

Après 6 mois passés en Inde, revenir en Europe s’est avéré très rude. Et contre toute attente, même le carnaval de Rio n’a pas réussi à sécher mes larmes et à combler le manque que l’Inde avait laissé dans mon coeur.
C’est en Inde que j’ai décidé que la nouvelle étape de ma vie se déroulerait au Brésil, où j’ai atterri le 28 février 2017. Après un mois passé à Rio de Janeiro, j’ai finalement repris mon sac à dos et retrouvé mes bonnes vieilles habitudes de voyageuse. Cet article rassemble des textes écrits au cours de mes deux premiers mois ici.

 

« Cela fait un mois que je suis au Brésil. Depuis le début, quand on me demande pourquoi je suis ici, je réponds que je n’en sais rien, que je suis venue profiter du carnaval, visiter quelques amies et profiter du temps que j’ai de libre [pas d’obligations professionnelles ou personnelles] pour faire les choses que j’aime. »

 

 

« Mais les choses ne se sont pas vraiment passées comme je l’imaginais, pour deux raisons. Quitter l’Inde a été beaucoup plus dur que prévu et mes retrouvailles avec le Brésil [j’y ai passé 2 mois en 2015] ne se sont pas passées comme prévu. Les doutes, les inquiétudes, la tristesse, l’impression de ne pas être au bon endroit, tout ça m’a suivi jusqu’ici. Oui, le voyage permet de rencontrer facilement des personnes super, de voir des paysages magnifiques, de goûter de nouveaux plats (plus ou moins), de pratiquer une nouvelle langue … mais tout ça ne « sert » à rien si ce n’est pas ce qu’on doit vivre à ce moment-là. Et c’est un peu ce qu’il m’arrive. Je pensais que ça serait quelque chose de passager, que je finirai par apprécier d’être ici et profiter vraiment. Le fait d’avoir été avec des amies françaises m’a aidé à me sentir un peu plus chez moi, un peu moins seule, et à gérer ce qu’il m’arrivait au niveau personnel. Parce que même si j’ai la chance de rencontrer des personnes géniales avec qui je partage des choses fortes et qui m’apportent beaucoup, il n’en reste pas moins que ces personnes ne sont ni mes amis ni ma famille, qu’ils ne me connaissent pas et que je n’ai pas toujours envie de partager avec eux des choses trop personnelles. Alors souvent je me sens seule alors que je ne le suis pas, jamais, et je parle peu à mes amis de France car je crois qu’il me serait difficile de leur faire comprendre que je ne me sens pas bien ici alors que ma vie semble idyllique. » Leme, Rio de Janeiro, février 2017.

 

J’ai passé un mois à Rio, déménagé 3 fois et travaillé dans une pousada en échange de logement pendant trois semaines. J’ai profité des plages, de la vie nocturne et de la nature. Je me suis faite agresser, ai été confrontée à l’inefficacité et au je-m’en-foutisme de la police, écouté des coups de feu depuis ma chambre pratiquement tous les soirs, insulté des mecs lourds qui m’ont appelé princesse en pensant me faire plaisir et assisté à une parade pour les droits des femmes.

 

« Cela fait deux mois que je suis au Brésil, et plus d’un mois que j’ai quitté Rio. Je suis passée par 4 endroits différents et rencontré évidemment beaucoup de nouvelles personnes. Ma première étape a été Marica, à deux heures de Rio, où j’ai passé une semaine dans une maison de hippie sur un projet de bio-construction. Malheureusement le projet était en stand by quand j’y suis arrivée. Cette semaine a été placée sous le signe du militantisme politique et de la nutrition puisque l’un des deux mecs était un ancien militant uruguayen qui a partagé avec nous plein d’anecdotes de sa jeunesse et le deuxième, un analyste de systèmes en reconversion, débutait son nouveau voyage de vie par s’intéresser à ce qu’il devrait mettre dans son assiette. L’un de mes sujets de prédilection. Il m’a d’ailleurs beaucoup encouragée à développer une activité de coach en nutrition / bien-être. Une idée que je garde dans un coin de ma tête. »

 

« De là, on est parti tous les deux en stop, moi sans destination, lui vers Ubatuba, sur le littoral de Sao Paulo. J’avais envie de lui faire découvrir cette manière de voyager et il a adoré l’expérience. Un camionneur nous a offert un repas, une jeune bouddhiste a partagé ses expériences de méditation Vipassana, un jeune nous a invité à un barbecue chez lui, j’ai rencontré un ingénieur de 74 ans qui travaillait à la construction d’un sous-marin avec la France … Ce sont d’ailleurs ces deux derniers qui m’ont convaincue de m’arrêter à Mangaratiba, l’une des villes qui permet de prendre un bateau pour Ilha Grande. Tout au long de la journée, j’hésitais entre plusieurs destinations et mon choix s’est fait au dernier moment. »

 

 

« A Ilha Grande, je me suis retrouvée entourée d’artistes de rue. Chanteuse, saxophonistes, couturière, tisseuse de bijoux, tous ont réveillé en moi l’envie de créer de mes propres mains, de développer ma créativité. Ça a aussi été l’occasion de découvrir des plages magnifiques et désertes, de passer mes journées à la plage et mes soirées à partager des repas avec ce groupe d’amis, d’en apprendre sur le forro brésilien et de dormir en tente. Une très jolie expérience. »

 

Quitter la grande ville de Rio m’a fait énormément de bien et j’ai commencé à voir les « bon côtés » d’être au Brésil plutôt qu’en Inde, à apprécier de plus en plus l’expérience et à me faire à ce nouveau rythme.

 

Et vous, vous avez déjà eu du mal à vous habituer à une nouvelle réalité ?