Donner pour mieux recevoir – consommer local partie 2

 ENCOURAGER UNE ÉCONOMIE LOCALE ET CRÉER DES EMPLOIS QUI ONT DU SENS

Pourquoi ?

Le réseau de la grande distribution a pour critère prépondérant le prix. Un producteur qui vend sa production aux centrales d’achat est donc souvent contraint de privilégier la quantité au détriment de la qualité et de brader le fruit de son travail. En France, 25 % des paysans ont un revenu inférieur au RMI, 40 % disposent de moins du Smic pour vivre. Alors que simultanément, les marges de la grande distribution ne cessent d’augmenter.
A contrario, un producteur qui a une relation directe avec ses consommateurs a la possibilité de valoriser un travail de qualité et de le vendre à un prix juste qui n’est pas soumis à la grande chaîne des intermédiaires.

Comment ?

En favorisant les circuits courts de production et de distribution (fermes, petits producteurs locaux, sur les marchés notamment). Aujourd’hui la France a développé un réseau impressionnant entre les producteurs et les consommateurs. Ce n’est pas le cas partout dans le monde donc profitons-en ! Vous verrez, on prend vraiment goût à consommer des produits extra frais et à sentir qu’on utilise l’argent, fruit de notre propre travail, pour soutenir la vie d’une famille d’agriculteurs qui travaille dur toute l’année pour nous nourrir. C’est un geste gratifiant.

En utilisant les monnaies locales qui soutiennent l’économie locale car elles ne sont utilisables que sur un territoire donné, dans des commerces de proximité ou auprès de producteurs locaux. Elles aident à créer et maintenir des emplois qui ont du sens et favorisent les contacts entre les personnes d’un quartier ou d’une ville avec la création de communautés d’utilisateurs. Plus d’info sur les monnaies locales. Pour adhérer à une monnaie locale, il vous faut adhérer à l’association porteuse du projet.

RÉDUIRE LES TRANSPORTS ET MINIMISER L’IMPACT ÉCOLOGIQUE DE CHOIX ALIMENTAIRES

Pourquoi ?

Aux États-Unis, un aliment parcourt entre 2500 et 4000 kilomètres, soit 25 % de plus qu’en 1980. Au Royaume-Uni, en vingt ans, la longueur moyenne du voyage des produits alimentaires a augmenté de 50%. Bref, c’est après 1500 kilomètres qu’un aliment arrive (enfin) dans notre assiette.
Le transport de marchandises, par voie maritime, routière ou aérienne, provoque un grand nombre de nuisances environnementales (pollution, bruit, constructions d’infrastructures…) alors que de nombreux produits alimentaires de nécessité sont fabriqués en France, voire même tout près de chez soi.

Comment ?

En regardant la provenance de nos produits lorsqu’on fait ces courses et en se demandant s’il est bien nécessaire d’acheter des kiwis australiens quand on en produit dans le Sud de la France. On peut, même en supermarché, privilégier les produits qui viennent de chez nous.

En préférant les aliments frais à ceux en conserve ou surgelés dont le conditionnement spécifique est consommateur d’énergie car il implique un passage en usine (consommation en eau, en combustible fossiles, sans parler de la pollution engendrée par ces infrastructures durant leur construction et leurs années de vie).

En achetant des fruits et des légumes de saison. Un fruit hors saison importé consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement lorsque c’est la saison. Manger des fruits et légumes hors saison encourage les cultures sous serre, gourmandes en eau et en chauffage.

Et si vous souhaitez vraiment, vraiment, vraiment manger des bananes, des mangues ou des ananas, du café ou du cacao, faites-le au moins lorsque c’est la saison (probablement en hiver chez nous). Vous pouvez également faire en sorte de privilégier le commerce équitable qui garantit une rétribution plus juste des ressources, est plus attentif à la préservation de l’environnement et interdit le travail d’enfant ou l’esclavagisme (encore une réalité dans beaucoup de pays sous-développés, notamment avec des marques comme Nestlé – campagne de boycott de cette marque, avec tout un tas d’explications).

En mangeant moins de viande de bœuf et de veau. Produire un kilo de bœuf engendre 50 à 100 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que de produire un kilo de blé. Par ailleurs, la production de céréales à destination des animaux est extrêmement gourmande en eau (15 000L d’eau sont nécessaires pour produire 1kg de bœuf), polluantes et cause majeure (si ce n’est unique) de la déforestation de la forêt Amazonienne, le poumon de la terre. De plus, la digestion des ruminants produit du méthane, 23 fois plus « réchauffant » que le CO2.

PARTICIPER À UNE RÉPARTITION ÉQUITABLE DES RICHESSES

Pourquoi ?

La production massive et subventionnée de l’agriculture occidentale (Europe et États-Unis principalement) permet des prix de revient tellement bas que le transport d’un produit ne représente plus que 1 % de son coût global. On peut par conséquent trouver des fruits et légumes européens à Dakar trois fois moins chers que les produits locaux. Ce mode de production et de consommation participe ainsi à la détresse et à la pauvreté des paysans du Sud.

La logique économique presque exclusivement axée sur les notions de croissance et de rentabilité conduit un nombre de plus en plus grand de pays du Sud (Afrique, Maghreb, Amérique du Sud…) à produire en masse pour l’exportation. La région d’Agadir au Maroc mobilise ainsi la quasi totalité des réserves en eau pour ses grandes exploitations de cultures intensives. Les paysans locaux sont ainsi en partie privés d’eau pour leurs cultures et la population privée des denrées destinées à l’exportation. Elle ne bénéficie pas non plus la plupart du temps des devises ainsi générées. Dans d’autres pays, cette course au profit de masse se traduit par des expropriations illégales de paysans chassés de leurs terres et allant grossir le rang des déshérités des villes, ou bien par des déforestations pour planter du soja et du maïs OGM destinés au bétail « occidental » (au Brésil et en Argentine). Plus d’un milliard de personnes dans le monde sont sous-alimentées et 70 % d’entre elles sont des paysans (source : FAO).

Comment ?

Une fois encore en privilégiant l’achat de denrées produites localement, dans l’intention de laisser aux populations des pays en « voie de développement » la possibilité de jouir des ressources de leur territoire et de la liberté de produire d’abord pour elles-mêmes, de vivre et de se nourrir de cette production.

En achetant des fruits et des légumes chez de petits producteurs, ou en bio dans les magasins Biocoop, Naturalia ou Nouveaux Robinson par exemple (productions de petites exploitations) plutôt que dans les grandes surfaces.

En acceptant de payer un prix juste pour les produits que l’on consomme.

En optant pour le commerce équitable.

FAVORISER LA QUALITÉ ALIMENTAIRE ET VIVRE EN BONNE SANTÉ

Pourquoi ?

Produire en masse suppose l’utilisation d’engrais et de pesticides chimiques en agriculture conventionnelle, d’hormones et d’antibiotiques en élevage conventionnel.
Transformer pour obtenir des produits bon marché nécessite l’apport de matières pauvres en qualités nutritionnelles et parfois toxiques (huiles hydrogénées, émulsifiants, antioxydants…). Voir recette de la tarte à la cerise industrielle de Lydia et Claude Bourguignon.
Transporter des fruits et légumes sur de longues distances impose des cueillettes avant maturité – et donc une pauvreté nutritionnelle-, ainsi que des traitements après récolte, chimiques ou par irradiation, comme c’est le cas pour les bananes, deuxième fruit le plus consommé des Français.

Nous qui voyageons aux quatre coins du monde, on sait bien, par expérience, qu’un fruit de la passion ou une mangue dégustée au Brésil n’a rien à voir avec ces mêmes fruits mangés à Noël en France. Qui trouve encore qu’une banane a du goût ? Pourtant, le brain washing nous a mit dans la tête qu’on doit préférer l’ananas, la mangue, le fruit de la passion et la banane à nos pommes, poires, clémentines, raisons, fraises, framboises, pêches, melons …

Sans parler de l’impact sur la santé de la consommation de tous ces produits.

Comment ?

En évitant les produits industriels, congelés, en conserve, transformés, et les produits issus de l’agriculture non biologique. En somme, en se remettant à cuisiner et à se responsabiliser pour sa propre santé et son propre bien-être physique, émotionnel, mental et spirituel.

En mangeant des fruits et des légumes de saison, produits localement et sans faire usage de pesticides, herbicides, hormones et antibiotiques.


PLANTER – RETOUR A LA TERRE

Que vous habitez en appartement, en maison avec jardin ou à la campagne, il n’y a pas de mauvais moment pour se lancer. Des magasins comme Nature et découvertes vous donneront les bases pour commencer en appartement. Vous pouvez aussi louer un bout de terre, participer d’un jardin collectif, demander à votre mairie de vous prêter un terrain (si vous êtes plusieurs) … Les livres et ressources sur la permaculture, qui permet de produire de grandes quantités de nourriture sur de petits espaces, sans utiliser de produits chimiques, sont nombreux, de même que les ressources sur Internet.

Une autre option, le potager collectif 2.0, c’est les Incroyables Comestibles, qui nous encouragent à reprendre collectivement le contrôle de nos rues et à les rendre de plus en plus comestibles, en semant des graine un peu partout. Vous les avez déjà vu vous, dans vos rues ?


Mais nous sommes aussi de plus en plus à remettre en cause le système capitaliste qui nous incite à vivre en ville, loin de la Terre et des éléments, à dédier notre vie à une entreprise, que ce soit la notre ou celle d’un autre, qui nous limite, nous classe, nous étiquette. Qui veut qu’on soit tous pareil. Les exemples fleurissent aujourd’hui de toute part, de toutes ces personnes qui ont finalement dit non et qui ont réussi à se redonner le temps de vivre.

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