Donner pour mieux recevoir – alimenter l’économie locale

Manger local et de saison, c’est reprendre contact avec celles et ceux qui nous nourrissent, retrouver la fraîcheur des aliments et les saveurs du terroir. C’est aussi encourager la production alimentaire près de chez soi et, par la même occasion, l’autonomie alimentaire et un partage plus juste des ressources nourricières avec le reste du monde.

Pour vous parler de ce sujet, j’ai choisi de vous partager un article du mouvement Colibris, fondé par Pierre Rabhi, aujourd’hui connu et reconnu, notamment dans le monde militant pour le respect de la terre, des animaux et des êtres humains. J’y ai apporté quelques modifications (l’article date un peu) donc je vous mets le lien en bas, et j’y est ajouté ma touche personnelle avec des initiatives qui n’existaient peut-être pas à l’époque comme Terre de Liens ou les monnaies locales. Cet article me met en joie ! ❤

PRÉSERVER LES TERRES NOURRICIÈRES ET L’ACTIVITÉ DES PAYSANS PRÈS DE CHEZ SOI

Pourquoi ?

Aujourd’hui, 30 % des terres arables de la planète ont été stérilisés depuis les années 70 ; 30 % sont dévolus à la culture céréalière destinée à l’élevage et une grande partie pourrait être reconvertie pour produire des agrocarburants. Le « capital naturel » permettant aux humains de se nourrir se réduit donc comme peau de chagrin – une exploitation agricole disparaît toutes les vingt minutes en France -, tandis que la population mondiale ne cesse de croître et que les contraintes énergétiques se complexifient : les énergies fossiles permettant à des denrées de parcourir des milliers de kilomètres se raréfient de façon drastique. Une grave crise alimentaire, dont nous voyons déjà les prémisses, pourrait ainsi éclater dans les années à venir.

Or, l’autonomie alimentaire des régions françaises varie de 10 à 25 %, chacune d’elle ne produisant le plus souvent que quelques types de denrées destinés à l’exportation et important le reste, principalement des autres régions françaises et de l’Europe.
Il est donc important de protéger les terres nourricières en favorisant le maintien ou la création de petites exploitations de proximité destinées à nourrir les populations là où elles vivent ; et de revenir autant que possible à une transformation locale des aliments, limitant ainsi les transports sur de grandes distances.

Comment ?

En partant du principe que l’argent est notre meilleur bulletin de vote, on se doute que la meilleure manière de soutenir les producteurs locaux c’est en achetant leurs produits.

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ACHETER LOCAL : les AMAP et les Ruches

Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Créée en 2001, les AMAP créent un lien privilégié entre les paysans et les consommateurs qui vont chaque semaine pouvoir recevoir un panier rempli de produits du terroir et de saison, produits localement. « Les AMAP participent à la lutte contre les pollutions et les risques de l’agriculture industrielle et favorise une gestion responsable et partagée des biens communs. »

Le prix du panier est fixé de manière équitable, proche de celui d’un panière composé en supermarché, mais il est payé à l’avance pour favoriser le maintien de cette agriculture de proximité et permettre à l’agriculteur de gérer la pression financière. Cette collaboration a permit l’installation de milliers de petites exploitations respectueuses de l’environnement chaque année.

En 2018, la France compte déjà plus de 2000 AMAP ! celles-ci sont même présentes dans les écoles et universités, où les étudiants peuvent y avoir accès parfois à des prix réduits.

Si vous ne trouvez pas d’AMAP près de chez vous, voilà comment en créer une (Créer une AMAP).

La ruche qui dit oui ! permet également d’avoir accès à un panier de produits frais et locaux, de soutenir les petits producteurs en valorisant leur travail. Le principe est similaire : la commande se fait en ligne mais cette fois c’est vous qui choisissez les producteurs et les produits que vous souhaitez recevoir. Pas d’engagement sur l’année mais on paye encore une fois son panier à l’avance, ce qui permet au producteur de ne pas avoir de pertes. Certains producteurs ont le label Bio, d’autres non. Et chaque semaine, vous récupérez votre panier déjà prêt et payé, près de chez vous !

Petite réflexion 0 déchet : les paniers que j’ai eu la chance d’acheter en AMAP ou en ruche contiennent beaucoup moins d’emballage que des paniers équivalents de grande surface 😉


INVESTIR DANS UN PROJET QUI SOUTIENT L’ACTIVITÉ PAYSANNE

Terre de liens est un projet né en 2003 qui conjugue plusieurs mouvements : finance éthique, économie solidaire, développement rural, agriculture biologique et biodynamique, et éducation populaire. Grâce à la Foncière, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, on peut placer son épargne dans un projet à haute valeur sociale et écologique. Le capital accumulé sert à acheter des fermes pour y implanter des activités agri-rurales diversifiées. La Foncière loue ces fermes à des paysans engagés dans une agriculture de proximité, biologique et à taille humaine.

Voilà donc un moyen simple d’utiliser positivement son épargne, plutôt que de laisser nos banques décider pour nous !

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SAUVEGARDER LA BIODIVERSITÉ AGRICOLE ET LA SPÉCIFICITÉ DES TERROIRS

Pourquoi ?

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), 75 % des variétés agricoles cultivées dans le monde ont disparu depuis 1900, et avec elles un patrimoine génétique d’une extrême richesse, notamment d’adaptation aux spécificités locales des sols. Ainsi, une seule variété de fraise occupe 80 % des surfaces mondiales consacrées à ce fruit, alors qu’on compte 1200 variétés de fraises sur la planète !

En France, l’agriculteur est limité à la culture de variétés de semences inscrites aux catalogues français et européens, pour la plupart des hybrides non stables (ce qui interdit de replanter les graines et nécessite de les racheter chaque année). En cultivant ces variétés hybrides ou bien des organismes génétiquement modifiés, l’agriculture uniformise la production et condamne la richesse de la biodiversité végétale.

De même, en limitant l’élevage à quelques races animales performantes, l’élevage industriel fait aussi disparaître notre patrimoine animal.

Pourtant, cette biodiversité est la richesse de la variété opposée à la monotonie de la standardisation. Elle est toute la puissance créative de la Nature qui s’adapte aux sols et aux climats en inventant des espèces par milliers, végétales et animales. Un travail de millions d’années de sélections et de mutations qui a permis de pérenniser la Vie. Et cette inventivité, combinée au génie créatif de l’homme, qui a sélectionné et croisé semences et races, a longtemps produit des résultats agronomiques élevés.
Cela vaut donc la peine d’encourager la polyculture. Au contraire de la monoculture, elle garantit la rotation des terres et donc leur fertilité pérenne ; elle favorise les particularités locales et redonne toute leur place aux terroirs et aux goûts.

Comment ?

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En Biocoop, Naturalia ou Nouveaux Robinson, vous trouvez de plus en plus de variétés de légumes oubliés. Favorisez-les, découvrez de nouvelles saveurs et encouragez les producteurs à préserver les graines et les espèces qui certes ne correspondent pas aux canons de beauté de supermarché mais sont beaucoup plus goûtu et riches nutritionnellement qu’une pomme lady ! Voyez-vous-même : Ils sont pas beaux nos légumes oubliés ?

Tentez l’expérience de faire vos courses hors de votre supermarché habituelle : retournez nouer le contact avec un fromager, un boucher, un épicier, un boulanger, un pâtissier ou primeur ! Valorisez leur travail et découvrez de nouvelles saveurs ! On cherche à manger des choses qui viennent de loin, des produits exotiques, mais bien souvent on ne connait pas vraiment toute la richesse de notre propre pays. A quoi bon alors ?

Fin de la partie 1.

Pierre Rabhi, la sobriété heureuse (notre Pépé Mujica à nous, en sommes).

Mouvement Colibris : L’article dont je me suis largement inspirée

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