La magie de São Jorge

18 avril 2017 : arrivée à destination, Chapada dos Veadeiros, Goias, Brésil.

 

Dans les articles qui suivent, vous entendrez parler d’Alto Paraiso, de Sao Jorge et de Moinho. Pour faire simple, Alto Paraiso est la ville principale de la Chapada. Elle contient environ 7000 habitants, beaucoup d’étrangers et a la particularité d’être très ésotérique. On y trouve un marché bio, beaucoup de magasins chics et de restaurants sympas. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y va, dépenser de l’argent en gros !
Je n’ai jamais eu envie d’habiter à Alto. Trop grand, trop bruyant, trop désorganisé. C’est pour ça que j’ai d’abord vécu à Sao Jorge, avant de déménager plus tard à Moinho.

 

 

Très peu visitée par les touristes étrangers (appelés « gringos »), Sao Jorge vit du tourisme brésilien grâce au parc national de la Chapada où se trouvent plusieurs cascades, d’innombrables points d’eau, des paysages à couper le souffle et de nombreuses randonnées à explorer. Ne connaissant rien de cet endroit magique, j’y suis arrivée à reculons, n’imaginant pas une seule seconde que j’allais rester si longtemps et en tomber amoureuse.

 

Ma vie depuis 4 mois me semble hors du temps, loin de tout ce que j’ai connu jusqu’ici, et de tout ce que j’aurai pu imaginer vivre au cours de ce voyage.
Sao Jorge est probablement la raison pour laquelle j’ai un jour pris la décision de revenir au Brésil. Je suis revenue ici pour connaître cet endroit, même si je ne le savais pas avant d’y mettre les pieds. Chaque journée passée ici me rapproche un peu plus de ma vraie nature, me fait découvrir de nouvelles facettes de mon chemin et de mon vrai Moi, et m’oblige à croire un peu plus à chaque seconde en la beauté de la vie.
Sao Jorge m’a infiniment rapprochée de ma nature de femme sauvage. La nature est omniprésente et la vie très simple. Je vis dans une tente depuis mon arrivée, ce qui me permet d’être connectée au cycle du soleil, d’être réveillée par les oiseaux et par le vent qui souffle, et d’être consciente de chaque changement d’atmosphère. J’ai toujours aimé pouvoir regarder les arbres par la fenêtre au réveil. Aujourd’hui, ce plaisir est d’autant plus jouissif que je vis sous l’arbre en question.

 

Je vis dans la Chapada dos Veadeiros, lieu à la nature magique, ce qui me permet de passer des après-midis entiers près de la rivière ou au pied des cascades. La marche est pour moi une thérapie en soi. Lorsque je suis perdue, énervée, fatiguée ou préoccupée, marcher me permet d’évacuer mes émotions, de réfléchir mais surtout de me recentrer sur l’essentiel : le moment présent. La douleur physique du soleil sur mes épaules, de mes pieds nus qui foulent les graviers ou les pierres chaudes, le choc au moment d’entrer dans l’eau gelée de la cascade, tout me ramène impérativement à l’ici et maintenant et me tire de mes pensées négatives ou de mes fantasmes sur le futur.

 

Chaque fois que l’occasion se présente, je passe quelques minutes sous une cascade. Et après avoir demandé à notre Terre mère et à ses eaux de m’aider à me débarrasser de ce dont je n’ai plus besoin, des pensées et des émotions qui m’encombrent, je la laisse faire son travail et m’abandonne à elle. L’eau, le feu, le vent et la terre guérissent. Et ici, je suis particulièrement consciente des éléments qui forment tout ce qui nous entoure, jusqu’à mon propre corps.

 

En juillet, c’est l’hiver à Sao Jorge. Tout le monde allume alors un feu devant sa maison et les gens se retrouvent autour pour se réchauffer et pour méditer, les yeux perdus dans les flammes. Le feu guérit. Sao Jorge m’aide à me connecter aux choses simples de la vie et à voir la vie de manière positive. Je n’aurais jamais pensé pouvoir ressentir autant de plaisir et de bonheur à sentir le vent autour de moi, réchauffer mon corps et porter à moi des odeurs de fleurs ou de pierres. Je n’aurais jamais pensé que l’odeur des pierres chaudes mouillées puisse être aussi agréable. Je n’aurais jamais pensé que j’éprouverais un jour l’envie de créer un altar avec des feuilles mortes, des pierres et des branches, ni que cela me ferait autant de bien.

 

 
Sao Jorge me connecte au moment présent parce que ses habitants mènent une vie simple, connectée aux personnes qui vivent autour d’eux. Pas une journée ne se passe sans qu’on ne s’arrête pour discuter avec un voisin. Aller au supermarché ou au potager local est un acte social qui permet de construire une vie de quartier. Le week-end, tout le monde se retrouve au marché d’Alto Paraiso, pas vraiment pour faire des courses mais plutôt pour se voir, discuter un moment en échangeant un bout de gâteau contre une gorgée d’eau de coco.
 
La confiance en l’être humain, si rare au Brésil, est très présente ici. On se rend service alors qu’on se connait à peine, et généralement on ne le regrette pas. Le partage est une autre valeur forte de Sao Jorge et du Brésil en général. Les Brésiliens prévoient toujours large quand ils cuisinent pour pouvoir offrir une assiette à un ami qui passerait par là au moment du repas.

 

Ma maison sous les arbres

 

En écrivant ces lignes je réalise un peu plus la chance que j’ai de vivre ici et cela me renforce dans mon idée d’y revenir bientôt.

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