Atterrissage tumultueux à Rio

Après 6 mois passés en Inde, revenir en Europe s’est avéré très rude. Et contre toute attente, même le carnaval de Rio n’a pas réussi à sécher mes larmes et à combler le manque que l’Inde avait laissé dans mon coeur.
C’est en Inde que j’ai décidé que la nouvelle étape de ma vie se déroulerait au Brésil, où j’ai atterri le 28 février 2017. Après un mois passé à Rio de Janeiro, j’ai finalement repris mon sac à dos et retrouvé mes bonnes vieilles habitudes de voyageuse. Cet article rassemble des textes écrits au cours de mes deux premiers mois ici.

 

« Cela fait un mois que je suis au Brésil. Depuis le début, quand on me demande pourquoi je suis ici, je réponds que je n’en sais rien, que je suis venue profiter du carnaval, visiter quelques amies et profiter du temps que j’ai de libre [pas d’obligations professionnelles ou personnelles] pour faire les choses que j’aime. »

 

 

« Mais les choses ne se sont pas vraiment passées comme je l’imaginais, pour deux raisons. Quitter l’Inde a été beaucoup plus dur que prévu et mes retrouvailles avec le Brésil [j’y ai passé 2 mois en 2015] ne se sont pas passées comme prévu. Les doutes, les inquiétudes, la tristesse, l’impression de ne pas être au bon endroit, tout ça m’a suivi jusqu’ici. Oui, le voyage permet de rencontrer facilement des personnes super, de voir des paysages magnifiques, de goûter de nouveaux plats (plus ou moins), de pratiquer une nouvelle langue … mais tout ça ne « sert » à rien si ce n’est pas ce qu’on doit vivre à ce moment-là. Et c’est un peu ce qu’il m’arrive. Je pensais que ça serait quelque chose de passager, que je finirai par apprécier d’être ici et profiter vraiment. Le fait d’avoir été avec des amies françaises m’a aidé à me sentir un peu plus chez moi, un peu moins seule, et à gérer ce qu’il m’arrivait au niveau personnel. Parce que même si j’ai la chance de rencontrer des personnes géniales avec qui je partage des choses fortes et qui m’apportent beaucoup, il n’en reste pas moins que ces personnes ne sont ni mes amis ni ma famille, qu’ils ne me connaissent pas et que je n’ai pas toujours envie de partager avec eux des choses trop personnelles. Alors souvent je me sens seule alors que je ne le suis pas, jamais, et je parle peu à mes amis de France car je crois qu’il me serait difficile de leur faire comprendre que je ne me sens pas bien ici alors que ma vie semble idyllique. » Leme, Rio de Janeiro, février 2017.

 

J’ai passé un mois à Rio, déménagé 3 fois et travaillé dans une pousada en échange de logement pendant trois semaines. J’ai profité des plages, de la vie nocturne et de la nature. Je me suis faite agresser, ai été confrontée à l’inefficacité et au je-m’en-foutisme de la police, écouté des coups de feu depuis ma chambre pratiquement tous les soirs, insulté des mecs lourds qui m’ont appelé princesse en pensant me faire plaisir et assisté à une parade pour les droits des femmes.

 

« Cela fait deux mois que je suis au Brésil, et plus d’un mois que j’ai quitté Rio. Je suis passée par 4 endroits différents et rencontré évidemment beaucoup de nouvelles personnes. Ma première étape a été Marica, à deux heures de Rio, où j’ai passé une semaine dans une maison de hippie sur un projet de bio-construction. Malheureusement le projet était en stand by quand j’y suis arrivée. Cette semaine a été placée sous le signe du militantisme politique et de la nutrition puisque l’un des deux mecs était un ancien militant uruguayen qui a partagé avec nous plein d’anecdotes de sa jeunesse et le deuxième, un analyste de systèmes en reconversion, débutait son nouveau voyage de vie par s’intéresser à ce qu’il devrait mettre dans son assiette. L’un de mes sujets de prédilection. Il m’a d’ailleurs beaucoup encouragée à développer une activité de coach en nutrition / bien-être. Une idée que je garde dans un coin de ma tête. »

 

« De là, on est parti tous les deux en stop, moi sans destination, lui vers Ubatuba, sur le littoral de Sao Paulo. J’avais envie de lui faire découvrir cette manière de voyager et il a adoré l’expérience. Un camionneur nous a offert un repas, une jeune bouddhiste a partagé ses expériences de méditation Vipassana, un jeune nous a invité à un barbecue chez lui, j’ai rencontré un ingénieur de 74 ans qui travaillait à la construction d’un sous-marin avec la France … Ce sont d’ailleurs ces deux derniers qui m’ont convaincue de m’arrêter à Mangaratiba, l’une des villes qui permet de prendre un bateau pour Ilha Grande. Tout au long de la journée, j’hésitais entre plusieurs destinations et mon choix s’est fait au dernier moment. »

 

 

« A Ilha Grande, je me suis retrouvée entourée d’artistes de rue. Chanteuse, saxophonistes, couturière, tisseuse de bijoux, tous ont réveillé en moi l’envie de créer de mes propres mains, de développer ma créativité. Ça a aussi été l’occasion de découvrir des plages magnifiques et désertes, de passer mes journées à la plage et mes soirées à partager des repas avec ce groupe d’amis, d’en apprendre sur le forro brésilien et de dormir en tente. Une très jolie expérience. »

 

Quitter la grande ville de Rio m’a fait énormément de bien et j’ai commencé à voir les « bon côtés » d’être au Brésil plutôt qu’en Inde, à apprécier de plus en plus l’expérience et à me faire à ce nouveau rythme.

 

Et vous, vous avez déjà eu du mal à vous habituer à une nouvelle réalité ?

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