Méditation Vipassana : 110 heures de méditation en 10 jours

Mon bilan après 10 jours de méditation, de silence, de déconnexion et d’introspection.

J’ai réalisé ma retraite en janvier 2017, deux semaines à peine après mon inscription. Jusqu’à quelques jours avant, je l’avais laissé dans un coin de ma tête, probablement par peur de me décourager. Ce qui me faisait le plus peur, c’était simplement de m’ennuyer. Effectivement, une retraite de méditation Vipassana est plutôt limitée en activités. Les retraites Vipassana n’autorisent les participant qu’à dormir, manger (deux repas par jour) et marcher (ou plutôt se dégourdir les jambes car la surface de promenade est assez réduite), en plus de la méditation, 11 heures par jour.
Chaque jour, le programme est le même : on commence à 4h du matin et on termine à 22h.

Théorie :

Les trois premiers jours, on pratique une méthode d’observation de la respiration, anapana sati, qui prépare à la technique de méditation Vipassana.
Chaque période de méditation est guidée par des audios et un professeur à qui on peut poser nos questions. Chaque soir, on écoute un discours de S.N. Goenka, Birman d’origine indienne qui enseigna cette technique de 1969 à sa mort en 2013 . Ces derniers ont été pour moi l’un des moments les plus forts cette retraite, qui m’a chamboulée à deux niveaux : physique d’abord et intellectuel ensuite. Grâce à ces discours, j’ai compris le pouvoir libérateur de la méditation, et c’est ce qui fait que je la considère désormais comme l’un de mes outils d’accès au bonheur. Et cela je l’ai probablement plus compris intellectuellement que ressenti physiquement. Pour le moment.

 

Vipassana est la méthode enseignée par le Bouddha (le libéré) pour aider chacun de nous la voie de la libération, dhamma.  Lui aussi a enseigné cette méthode jusqu’à sa mort, soit pendant 45 ans. Si son enseignement, et celui de Goenka, a touché tellement de personnes, c’est notamment parce qu’il est non-sectaire : des personnes de toute origine, caste ou religion se sont illuminés grâce à lui.

 

Ce que Bouddha a découvert, c’est le lien entre nos sensations et les objets extérieurs. Jusqu’ici, on avait compris que nos sens réagissent aux objets extérieurs (ex : une fleur qui sent bon fait réagir mon sens de l’odorat). Et Bouddha a montré que ce n’est pas l’objet en lui-même que l’on recherche, mais la sensation qu’il nous procure. Peu importe que ce soit une fleur ou une pince à linge qui sente bon, ce qu’on recherche c’est la sensation que nous procure cette odeur. De même, ce n’est pas un objet que l’on va rejeter, par exemple du pain moisi ou un aliment pourri, mais la sensation désagréable qu’ils procurent (par exemple quand on mange ce pain ou cet aliment).

 

Sankara est  la partie de notre esprit qui réagit aux sensations.
Le malheur des hommes ne viendrait donc pas du fait qu’on soit en permanence à la recherche d’objets plaisants et dans le rejet d’objets déplaisants, mais du fait qu’on soit en permanence dans la recherche de sensations plaisantes et dans le rejet de sensations déplaisantes. La méditation Vipassana cherche à nous apprendre à observer ces sensations, plaisantes ou déplaisantes, et à ne pas nous y attacher. Pourquoi s’attacher à quelque chose qui est, par définition, impermanent (anicca).

 

On nous dit ainsi qu’en arrêtant de s’attacher à nos sensations, on arrête de produire de nouveaux sankara mais surtout qu’on se débarrasse automatiquement de nos anciens sankara ! Petit à petit, on se libère l’esprit de nos attachements passés.

 

Pour cela, on utilise la pleine conscience et l’impartialité face à nos sensations. Une sensation plaisante comme douloureuse ne doit être qu’observée, impartialement, et non pas désirée ou rejetée. Par ce simple exercice d’observation, on purifie notre esprit et on apprend à le dominer, ce qui représente deux des trois piliers de l’enseignement de Bouddha.
Le dernier pilier est le respect des shilas, règles de morale, qui permettent à la fois de s’éloigner d’émotions et de sensations négatives mais aussi d’éviter des actions qui font du mal à autrui. Les cinq shilas sont :
  • De ne pas tuer
  • De ne pas mentir
  • De ne pas voler
  • De ne pas avoir de comportement sexuel déplacé
  • De ne pas ingérer d’intoxicant (tabac, alcool, drogue)

Pratique :

 

Me retrouver seule avec moi-même dans le silence de ce lieu chargé en énergies positives m’a fait un bien énorme. Cela m’a permis de faire le point à plein de niveaux sur ma vie, de faire une pause dans ce voyage tumultueux, de penser à moi et d’apprendre à mieux gérer mes émotions. Me voir offrir le cadeau d’un outil aussi puissant que le dhamma a été libérateur pour moi. Beaucoup de personnes considèrent la méditation Vipassana comme l’une des expériences les plus difficiles de leur vie, que ce soit à cause du manque de sommeil, de nourriture, du voeu de silence ou du fait de devoir rester assis aussi longtemps. Pour moi, rester assise a plusieurs fois été frustrant, notamment quand il s’agissait de rester complètement immobile. J’avais envie de sortir, de bouger, de regarder les fleurs, les bestioles, le ciel et de laisser aller mes pensées sans avoir à penser à ma respiration ou à mes sensations. J’ai aussi plusieurs fois trouvé les heures longues… Logique. Mais je ne décrirai pour autant pas cette expérience comme extrêmement difficile, peut-être justement parce que c’était ce que je recherchais.

Bilan :

Si je n’arrive pas encore à pratiquer régulièrement la méditation Vipassana, malgré les bénéfices que cela m’a apporté, c’est d’une part car c’est une discipline difficile à s’imposer (Goenka conseille de pratiquer deux heures par jour) mais aussi parce qu’avec le temps, j’ai perdu cette capacité à sentir mes sensations les plus subtiles. Le fait d’être en groupe et d’avoir cette structure qui impose une discipline m’a aussi grandement aidée à ce que je me lève à 4h du matin tous les jours et à ce que je reste assise sur mon coussin plutôt que d’aller me promener dans le jardin.
La pression sociale marche plutôt bien sur moi, je crois.

 

Aujourd’hui, je me contente donc de la technique d’anapana, que j’utilise pratiquement tous les jours et qui consiste à observer sa respiration, ainsi que de la méditation active (méditer en marchant), ce qui me permet déjà d’être plus présente au quotidien. Je poursuis mes lectures sur la méditation et le développement personnel et j’en apprends chaque jour un peu plus sur les outils qui permettent de guérir les traumas du passé et de devenir un adulte équilibré et heureux.

 

Dites-moi si ça vous a donné envie de vous engager dans cette folle aventure, ou si vous utilisé d’autres méthodes de pleine conscience !
Namastê.

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